samedi 29 octobre 2016

L'atelier d'écriture n°218 de Leiloona : Une rue pavée

Je marche, mes bottes crissant sur le pavé mouillé de la rue. Les écouteurs vissés dans les oreilles, je distingue à peine le lointain murmure des gouttes s'écrasant sur mon parapluie couleur nuit. Mon esprit est loin de toute cette agitation. Il vagabonde plutôt entre trolls, fées et autres créatures de l'imaginaire que ce monde n'a pas la chance de connaître. Je ne prête pas attention à ce qui m'entoure. Ni au vieux clochard qui tend fébrilement la main dans l'espoir de récolter ne serait-ce qu'une petite pièce pour lui permettre d'acheter quelque chose à manger. Ni à la vieille femme que je manque de faire tomber d'un coup d'épaule. Encore moins à la voiture qui, elle, manque de me percuter de plein fouet lorsque je traverse sans jeter le moindre regard ni vers la gauche, ni vers la droite.

Je ne bouge plus. Mon corps est comme un amas de glace. Ou un puzzle, c'est vous qui voyez. Je ne pense plus. Mon regard est braqué sur le ciel, comme une promesse de refuge quand la mort frappera. Je sens un poids qui libère mes épaules. Mon corps est soulevé dans l'air, je commence à voir un long tunnel blanc, très blanc, tellement blanc que je suis obligé de détourner le regard. je le pose alors sur la lune. Cette dernière ouvre de grands yeux blancs percés de billes noirs. C'est la que je comprends qu'il y a un truc qui cloche. Je ressens soudain une vive douleur au niveau de la joue gauche.

9:17

J'ouvre les yeux. Je suis bien au chaud sous ma couette. J'entends soudain un cri qui me transperce les tympans :

- Victor réveille-toi, tu vas aux Imaginales aujourd'hui !!


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona inspiré par une photo de (c) Julien Ribot



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