samedi 16 décembre 2017

Lancement de la page facebook du blog !

Bonjour à tous ! Aujourd'hui, j'ai une grande annonce à vous faire. Cela fait maintenant plusieurs mois que je réfléchis à ce projet, pour pousser en quelque sorte encore plus loin le blog et vous faire partager mes passions. J'ai donc créer la page facebook officielle du blog ! J'y partage régulièrement des photos, des articles de presse, des news, les avancées dans la rédaction du blog et dans mes lectures. C'est pour moi une évolution logique dans cette aventure lancée il y a 4 ans maintenant, dont une année passée sur cette nouvelle plateforme, et aussi une occasion de vous remercier pour cette formidable aventure que je vis chaque jour grâce au blog ! N'hésitez pas à la liker et à vous abonner, vous pouvez la retrouver juste ici. à me proposer des idées de publications ou à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires de ce post !

mercredi 13 décembre 2017

Les Géants de Benoît Minville




Auteur : Benoît Minville 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim' 

Nombre de pages : 288 pages 

Année de sortie : 2014






Résumé : Ça se passe sur la Côte Basque.
Les Géants, ce sont eux : Marius, le fils, surfeur, son besoin d’ailleurs. Auguste, le père, marin pêcheur, cramponné à la vie qu’il s’acharne à offrir à ses enfants. La sœur, Alma, qui veut exister dans cette famille patriarcale… et qui cache à tous son idylle avec Estéban, ami d’enfance de Marius ; sa famille à lui s’accroche dans un mobile-home à l’année. Et d’un père à l’autre, d’un fils à l’autre, les deux clans se serrent les coudes.
Tous là, unis dans cette région brute, irréductibles. Soudain, la vague arrive. César, le grand-père de Marius, revient d’entre les morts ; et avec lui, de lourds secrets couvés comme un trésor de guerre…


Introduction : Après le sublime "Les Belles Vies" (lien à coller), une de mes lectures de l'année dernière, je rattrape mon retard dans la bibliographie de Benoît Minville avec ce livre, sorti fin 2014, et dont j'ai entendu énormément de bien. Comme à l’accoutumé, je n'ai lu aucune chronique (à peine l'avis de ma mère), ni aucun résumé ou extrait. Surprise totale mais très bonne, une fois de plus.

Commentaire : Les Géants, c'est l'histoire de ces deux familles, ces deux clans liés par l'amitié et l'entraide depuis toujours. Deux tribus qui se connaissent par coeur et qui ne se connaissent pas du tout à la fois. Chacun des membres a ses secrets, son petit jardin intime qu'il tait et ne révèle à personne, ce qui a le don de frustrer le lecteur. A travers ce bouquin, nous suivons plus particulièrement Estéban et Marius, l'aîné respectif de chacune des familles. Ce sont deux personnages qui m'ont touché et que j'ai vraiment adoré suivre. Chacun n'est pas juste une façade, mais ils sont bel et bien fouillés, complexes, et très réalistes pour le lecteur-spectateur. On découvre les petites cachoteries des deux en tant que personnage externe, mais je vais en reparler plus tard dans la chronique. J'ai ressenti beaucoup d'émotions à travers ces deux jeunes hommes, que ce soit l'amour, la colère, la haine, la joie, la libération. Comme avec Djib et Vasco (Les Belles Vies), j'ai vraiment eu cette impression d'être le confident de chacun, comme si Marius et Estéban exprimaient chacun leurs craintes et leurs sentiments au lecteur avant de se lancer dans le grand aveu final. C'est aussi pour ça que je me suis senti si proche des deux garçons. Ils mettent à nu leur esprit, et on peut lire en eux comme dans un livre ouvert, leur façade de beau-gosse et de gros dur tombent dès que nous sommes plongés dans leurs pensées tourmentées (donc une bonne partie de l'histoire quand même). Et ça, ça rappelle terriblement la réalité.

Du côté des personnages secondaires (et il y en a un bon paquet, je vous le garantis) j'ai beaucoup aimé les pères de famille, qui sont finalement exactement comme leurs aîné, des gros durs en façade mais qui eux savent se dévoiler sans pudeur l'un à l'autre, ce qui n'est pas le cas de Marius et Estéban, qui ont eux plus de mal dans cet exercice. C'est aussi une preuve de maturité de la part d'Henriko et Auguste, et l'évolution logique de leurs enfants. Je trouve que le lecteur est beaucoup moins proches des femmes, qui sont quant à elles beaucoup plus sages et moins tourmentées que les hommes dans ce bouquin. Pour finir, j'ai trouvé César tout simplement excellent dans son rôle de gentil méchant, avec un charisme et une facilité qui m'a autant plu que déconcerté au fil des 288 pages qui composent ce livre.

Ce qui m'a énormément surpris dans cette histoire, c'est le parallèle que j'ai pu faire entre ce bouquin et les cours de français qui m'étaient donnés au moment de ma lecture, à savoir : La tragédie. La situation initiale, le petit grain de sable qui vient bousculer l'équilibre trouvé par les principaux protagonistes (ici, cet élément perturbateur est donc l'arrivée de ce grand-père délinquant), les personnages tourmentés, qui savent que la situation est bloquée, qu'il va y avoir des dégâts et qu'il n'y a (presque) pas d'issue à cela (Surtout Auguste, Marius et Estéban). Evidemment, il n'est pas question ici de l'aspect temporelle et spatiale (dans la tragédie classique, tout doit se passer en un même lieu et en un jour) ainsi que la bienséance (pas de sang, ou de blessures, ou de drogues), mais nous sommes ici au XXIème siècle, et je pourrais qualifier cette oeuvre à certains moment de "Tragédie contemporaine". Finalement, cette arrivée de César va tout bousculer, des secrets du passé, des non-dits vont être révélés. Ce retour va par ailleurs toucher d'autres sujets sensibles, d'autres secrets, qui n'auraient en apparence rien à voir avec le retour d'un pan du passé de certains. Le lecteur est ainsi pris entre tout cela, des révélations conséquentes lui sont faites à lui, mais pas aux personnages concernés. On se retrouve ainsi avec cette frustration dont je parlais au-dessus, et on donne des conseils silencieux eux protagonistes du bouquin. Il y a pas mal de suspens tout au long du roman, l'action intervient surtout à la fin. Comme je le disais dans le premier paragraphe, Benoît Minville base beaucoup son histoire sur les émotions, les révélations, le suspens, les secrets. On peut là aussi effectuer un parallèle avec sa dernière oeuvre, qui se basait la aussi (mais d'autres proportions) sur ces mêmes critères. Dernier point que j'aimerais aborder ici, je me suis souvent senti un peu enfermé, bien qu'il n'y est évidemment aucun mur à proprement dis. Simplement, on se retrouve souvent dans les mêmes (sauf dans les 30 dernières pages) lieux, donnant ainsi une impression d'enfermement, qui n'est toutefois absolument pas mauvaise, qui est d'ailleurs évoquée sous un certain angle parfois dans le livre. Ce côté huis-clos ouvrent aussi les personnages les uns aux autres, les poussant parfois dans leurs derniers retranchements.

Côté écriture, je retrouve encore les descriptions de Benoît Minville qui me font voyager au coeur de la côte Basque. Il est très polyvalent, puisque les scènes d'actions finales sont extrêmement bien menées. J'ai hâte de découvrir son polar "Rural Noir" déjà présent dans ma bibliothèque, et qui ne saurait tarder à passer sur ma table de nuit.

Une véritable "Tragédie contemporaine" qui casse les codes et qui saura plaire à tout âge, à partir de 14 ans !

lundi 11 décembre 2017

L'atelier d'écriture n°287 de Leiloona : Une histoire burlesque impliquant un homme, un avion et le ciel, tout simplement

Calvin a toujours été effacé par rapport aux autres. Quand il s'agit de manger avec ses collègues, il se recroqueville seul sur sa chaise trop grande pour lui, ouvrant à peine la bouche pour parler, n'élevant jamais la voix. On le dit mystérieux, il se dit réservé. On le trouve original, il se trouve mal sapé. On le sait parfois dans la lune, il se sait gros fainéant qui attend souvent que le temps passe. On le décrit stressé, il se décrit comme "un gros fumeur de merde", pour reprendre ses mots. On le croit intelligent, il se croit juste trop débile pour prendre part aux débats du groupe. Il est coincé sous un amas de préjugés envers lui-même. Il a l'impression constante qu'on l'exclu, et pour cause : il est aviophobe. C'est quand même sacrément bête ça, y'a pas à dire.

(Ceci dit, cela explique la distance mise entre lui et ses collègues quand je l'ai vu pour la première fois. Et si vous vous demandez comment j'ai découvert cette histoire, c'est l'avion lui-même qui me l'a raconté.)


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par (c) Leiloona.

mercredi 29 novembre 2017

42 jours de Silène Edgar




Auteure : Silène Edgar 

Maison d'édition : Castelmore 

Nombre de pages : 320 pages 

Année de sortie : 2017




Résumé : Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie qu’ils s’imaginaient : les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Nefertiti… Mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute : le manoir est plein de secrets sur lesquels enquêter. Qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Et que sont ces mystérieux loups qui rôdent dans les parages ?

Introduction : Après 14-14 , Adèle et les noces de la reine Margot et Les lettres volées (que je n'ai malheureusement pas chroniqué), voici venu le nouveau-né de Silène Edgar, une auteure que j'apprécie particulièrement, aussi bien pour ses bouquins que pour la personne qu'elle est. Chacune de ses publications haussent encore un peu le niveau, d'après moi. Et celle-ci ne déroge, une nouvelle fois, pas à la règle.

Commentaire : Les deux protagonistes de cette histoire se nomment Sacha, 12 ans, et Jacob, son petit frère. L'histoire et la narration ont beau être à la troisième personne, c'est bel et bien sur Sacha que, très vite, l'histoire se concentre. Plus grand, plus mâture, plus proche de nous, on a tendance à mieux le comprendre que son petit frère, encore trop jeune pour saisir tout ce qui gravite autour d'eux. Ainsi, je ne me suis pas particulièrement attaché au cadet, qui, même si il est souvent l'une des clés du bon déroulement de l'histoire, passerait presque à certains moments pour un personnage secondaire, voir un élément perturbateur. Concernant Sacha, eh bien... Comme pour presque tous les personnages principaux des romans de Silène Edgar et plus généralement comme tous les personnages  qui sont destinés à cette tranche d'âge (10-14 ans), j'ai eu un peu de mal à m'attacher à lui. Peut-être est-ce dû à un manque de maturité à certains moments clés de l'aventure. Mais finalement, et comme souvent, le courant finit par passer, les atomes s'accrochent, et on se rend compte finalement qu'on aurait sûrement fait les mêmes bêtises que lui, et qu'il s'agit pour lui d'apprendre la vie, de mûrir aussi. Sacha ressortira largement plus mûr et plus fort de ces épreuves. Ce dernier est assez curieux et têtu, ce qui va lui valoir pas mal d'ennui tout au long du livre. Mais derrière ça, il y a aussi un garçon sensible, naïf parfois , qui se pose des questions sur lui, sur ce qui se passe en Europe... C'est aussi cela qui fait tout son charme. Un bon personnage en définitive, auquel les lecteurs qui auront peut-être deux ou trois ans de moins que moi pourront largement s'identifier.

Côté personnages secondaires, j'ai beaucoup aimé les "fous, qui ont ramené pour moi un réel plus à l'histoire. Les adultes m'ont un peu charmé, même si Jean est quelqu'un d'admirable. Je n'ai par contre pas du tout accroché avec les parents de Sacha et Jacob, qui je trouve sont un réel frein au développement de leur fils, même si leur attitude est totalement compréhensible et normal, par les temps qui courent en 1942.


L'histoire est conceptualisée par la seconde guerre mondiale, une toile de fond oppressante et ovni-présente tout au long de l'histoire. Je pourrais d'ailleurs découper celle-ci en différentes parties, que je me garderais toutefois bien de vous décrire et d'analyser (il faut garder tout de même un peu de suspens non ?). La première réflexion qui m'est venu à l'esprit lors de l'arrivée de Sacha et Jacob au manoir était une comparaison, un parallèle avec Miss Pérégrine et les enfants particuliers. Bon, vous me direz, pas très original comme comparaison, et je suis sûr que c'est aussi celle que vous avez eu le loisir de faire en lisant la première de couverture, mais bon, que voulez-vous ? La seconde guerre mondiale, le manoir, l'ambiance... Attention, je ne sous-entend absolument pas que l'auteure a plagié de quelconque façon l'oeuvre de Ransom Riggs. Ici, Silène Edgar mêle le huis-clos du manoir et le road-trip des voyages. Certains éléments clés de l'histoire restent prévisibles pour le lecteur, mais pas pour les personnages, et c'est justement ce cheminement qui jusqu'aux révélations qu'il est très intéressant de suivre. En effet, Silène Edgar ne nous ennuie pas du tout avec ce livre, que j'ai trouvé beaucoup moins posé que les précédents basés eux aussi sur des périodes historiques. Je trouve qu'elle a moins accentué ce côté historique justement, pour laisser un peu plus de place à l'action, qui est quasiment tout le temps présente, à part pour laisser place à quelques révélations de taille pour faire avancer l'histoire et entraîner nos personnages dans d'autres aventures. J'ai eu beaucoup de surprises au cours de ma lecture, et elles sont bonnes pour la plupart (notamment pour les remerciements). Avec ce roman, qui clôt certainement cette saga de bouquins encrés dans l'Histoire de la France, Silène Edgar a véritablement trouvé le bonne équilibre entre l'Histoire et le roman d'aventure.

Niveau écriture, Silène Edgar, sans toutefois surprendre, ne déçoit pas. On retrouve cette narration si simple et addictive à la fois, qui donne cette belle impression au lecteur d'être aux côtés des personnages de l'histoire. J'ai hâte de voir ce qu'elle va nous proposer par la suite dans sa bibliographie !

Un roman sûrement à lire après tous les autres de la géniale bibliographie de Silène Edgar, comme la cerise sur le gâteau !

lundi 27 novembre 2017

L'atelier d'écriture n°285 de Leiloona : Premiers mots du grand retour...

Premiers mots du grand retour... J'ai médité, j'ai réalisé que je devais quitter la triste réalité pour retrouver une inspiration... Non....

Premiers mots du grand retour... Devant ces grands bateaux blancs et calmes, une vie de tranquillité... Non, non, ça va pas...

Premiers mots du grand retour... L'écriture et la plume à son apogée/ l'esprit est torturé/ J'y ai pensé à ce texte.... Non, non, non…….. !

Premiers mots du grand retour.... Une habitude de perdue, une histoire difficile à raconter, celle de cet adolescent cramant des clopes sur le marché... Non... C'est pas possible...

*Conscience : Tu n'y arriveras pas, jamais. Plus jamais. Tu n'es plus et ne seras jamais plus celui que tu as été. Il est temps de reposer la plume au placard.
Moi : Ah oui tu crois ? Lis un peu ça pour voir.*

Premiers mots du grand retour. Toujours vivant. Toujours en quête de l'Ipséité. Toujours le même et toujours aussi imprévisible en même temps. Vous savez...

J'aurais pu vous parler de mes états d'âmes, d'un homme au passé poétique, d'un despote éclairé par une vie qu'il ne ferait que semblant de comprendre.


J'aurais pu proposer à un des membres de cette merveilleuse communauté une collaboration.


J'aurais pu essayé à nouveau de varier, de conceptualiser à nouveau.


J'aurais pu vous demander de me lire avec telle ou telle musique en fond.


J'aurais pu vous demander de me lire à la lueur d'une bougie ou d'une lampe.


J'aurais pu vous demander de me lire en imaginant telle ou telle voix, tel ou tel personnage lisant ces lignes. 


Mais non. Pas aujourd'hui, pas ce soir, pas maintenant. Je devrais m'excuser, il y a tellement de promesse que je n'ai pas tenues, tellement de choses que j'ai essayé de vous dire avec les précédentes photos, tellement de mots que je n'ai pas réussi à aligner dans le bon ordre.


*Conscience : Mais finalement, ce texte de retour est encore un satané concept. Tu reviens toujours à la même chose, mais sous un nuance différente.
Moi : Tu as peut-être raison... Mais tu vas me laisser finir ou bien ?*


J'ai pris mon temps, il est vrai. J'ai changé, en deux mois... Hum... En fait non. Je ne peux pas dire ça. C'est à vous de juger, ça. J'ai pris quelques centimètres, pas mal de cheveux. La plume un peu plus ronde, par manque d'avis, de critiques. L'écriture, exercice redevenu personnel comme elle l'avait rarement été. Un quotidien qui m'a emprunté une passion, une bulle d'évasion. Ce fût une rentrée Ô combien compliquée, avec pas mal de révélations, de changements, de remises en question. Conclusion ? Un blog mis entre des parenthèses dorées, des visites hebdomadaires, histoire de reprendre espoir, de tenir encore un peu, de reprendre des forces. Une boisson énergisante, si on veut. Il y a eu pas mal de lectures, aussi. Une grande inspiration artistique, Eminem, déjà présente sur mon précédent texte.


*Conscience : Mais là tu nous racontes ta vie ! Et puis quel est le rapport avec cette photo ?!
Moi : Tais toi.*


La photo ? Une métaphore. La première qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai vu l'image. Une figure de style idéal pour broder un (médiocre) texte de retour.


*Conscience : Bon tu vas nous la balancer cette idée du siècle ?*


Si je vous dis que ces deux navires sont finalement deux symboles de la vie et de ses obstacles, qui resserrent peu à peu leur étaux coupant et blessant. La vie ? La mer calme et bleue, agitée tantôt de soubresauts inattendus. Moi ? Ce petit rectangle au milieu, face à l'immensité turquoise du quotidien. Peut-être arriverais-je tout en haut de cette colline brumeuse, je me le souhaite...


*Consience : Elle est pas tellement bien amenée cette métaphore, j'ai vu mieux de ta part...
Moi : Peut-être, peut-être...*


Comment finir ? Ah oui... Attendez-vous à quelques surprises... Dernier point du grand retour.




Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est d'ailleurs prise par elle-même.

dimanche 12 novembre 2017

Les cancres de Rousseau d'Insa Sané



Auteur : Insa Sané

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim' 

Nombre de pages : 400 pages

Année de sortie : 2017 




Résumé : C’est l’année ou jamais pour Djiraël. Il est en terminale et il a la chance de se retrouver dans la même classe que ses potes de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz. En plus, le prof principal, c’est Monsieur Fèvre – le seul prof à s’intéresser à eux… Il ne manque au bonheur de Djiraël qu’un baiser de Tatiana, qu’il convoite depuis la Seconde. En tout cas, Djiraël a décidé que cette année serait inoubliable. Aussi, quitte à se mettre l’administration à dos, il fera en sorte que l’éclate passe avant le baccalauréat. Le bonheur ne se conjugue pas au futur… Sauf que Monsieur Fèvre va avoir besoin d’aide. Et qu’il faudra donc, pour Djiraël, faire le choix entre sa quête d’amour, son intérêt personnel, les promesses faites à ses amis, et la nécessité d’agir selon son devoir. Parfois, on a décidé d’un truc et finalement on fait tout l’inverse.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

J'ai tellement entendu parler de cet auteur et de sa fameuse "Comédie Urbaine" ! Son retour ? Un événement. Moi qui n'avait jamais lu de roman d'Insa Sané avant "Les Cancres de Rousseau" (oui vous pouvez me frapper si l'envie vous en prend), je compte bien lire toute son oeuvre. Mais bon, comment faire autrement après une claque pareille...


Note d'avant-propos : Cette critique reste d'être assez confuse et désordonnée... Ce sont les émotions qui parlent, comme rarement son auteur a pu les laisser parler. Une chronique expérimentale, si vous voulez... L'auteur espère que le tout vous plaira !

Commentaire : Il est vrai, j'ai eu cette année énormément d'excellentes lectures, beaucoup d'entre elles m'ont marqué au fer rouge. Je n'ai pas vraiment eu de grosses déceptions en 2017 (pour le moment). Et par ailleurs, j'ai toujours essayé de varier ma manière d'écrire mes chroniques, avec des arguments différents, des petites touches d'humour, des figures de style parfois, quand l'inspiration atteignait son summum... J'appuyais souvent sur des points en particulier, ces choses qui font qu'une lecture reste en tête, ça peut être un personnage, une ambiance, une scène particulière, la fin de l'histoire... Malgré mes avis quasiment toujours positifs, j'ai toujours (je le crois) réussi à rendre mes chroniques uniques et différentes les unes des autres. Je tiens tout de suite à le préciser, ce roman est un coup de coeur. Un coup de coeur de la trempe d'Eleanor & Park, de la drôle de vie de Bibow Bradley, de Marquise, de Sirius ou encore du Coeur des Louves, qui sont sans aucun doute mes meilleures découvertes de cette année. Mais rarement, un livre ne m'avait autant remis en question sur ma manière d'écrire une chronique, sur ce que j'allais écrire. Un article doit pour moi toujours rendre service au livre, non seulement en lui faisant de la pub parfois, mais en orientant le public qui risque de vous lire, en expliquant, décrivant, en faisant une critique argumentée sur ce qui ne nous a pas plu... Mais parfois, il y a des romans avec lesquels on a la sensation de ne pas rendre service à l'oeuvre, voyez-vous ? Je me suis longtemps pris la tête sur ce que je pouvais bien raconter concernant les Cancres de Rousseau... Aujourd'hui, ce que je présente à vous est similaire aux pensées et sensations qui m'ont traversé après ma lecture... Des mots simples, mais sincères. Des choses claires et complexes à la fois. Des questions et des réponses. Les Cancres de Rousseau d'Insa Sané, quoi.

De ce livre, je n'avais eu l'occasion de découvrir pour toute mise en bouche un petit chapitre, offert dans le fascicule confectionné à l'occasion des 10 ans de la collection Exprim'. Quelques pages à peine, dont je comprendrais plus tard leurs enjeux cruciaux, une fois replacés dans le contexte si particulier du bouquin. Et d'emblée, après une ou deux relectures, j'ai beaucoup aimé le personnage principal de ce roman, Djiraël, un jeune homme de dix-huit. Djiraël est quelqu'un de très simple et très complexe à fois, et il sera très dur pour le lecteur de distinguer les contours les plus nets de sa personnalité pleine de surprises et de nuances noires et blanches. Le livre est à la première personne. Tout ce je peux vous assurer, c'est que ce personnage merveilleux ne vous laissera en aucun cas indifférent, dans tous les sens du termes, et que Insa Sané nous plonge merveilleusement bien dans la tête de son personnage (ou de lui-même, quelques années en arrières...). Je n'en dirais pas plus sur lui, mais sachez que j'ai vraiment, vraiment eu la sensation d'être lui. Il nous décrit tellement bien ce qu'il pense, ce qu'il voit, ce qu'il aimerait qu'il se passe dans sa vie tout en gardant toujours une pointe de mystère dans ses paroles. J'ai vraiment du mal à mettre des mots sur ce que je pense à propos de Djiraël. Ou si peut-être que si, je les ai... Attendez... Pour moi, il est simplement... Réel. On croise souvent des personnages, au travers de nos lectures, auxquels on s'identifie, auxquels on s'attache, qui nous ressemblent même parfois. J'ai parfois eu cette sensation de réalité (Dylan Dubois de Martine Pouchain), mais en aussi fort, je crois bien que c'est la première fois. Djiraël dépasse pour moi l'espace du simple bouquin. Je me suis fais un ami. Je l'imagine, marchant il y a quelques années dans les rues de Sarcelles avec sa bande à lui, rigolant tantôt, plonger dans ses pensées parfois, triste, rarement. Voilà comment je pourrais définir Djiraël. Un super ami.

Et ses amis ? Sa bande ? On rigole franchement. J'ai beaucoup, ne cesserait-ce que souri, pendant ma lecture. Plongé dans la tête de Djiraël, on devient évidemment le compagnon de ces personnages que la société n'épargne absolument pas. Je n'ai pas envie de vous les décrire un par un, tant ils forment un bloc uni et soudé d'après moi, même si on les différencie très facilement les uns des autres. On ressent une affection qui ne fait que croître tout au long de l'histoire. Ce que j'ai aimé chez eux ? Leur philosophie de vie. Celle-ci nous la mène dur, alors on la lui rend bien, et, avec en supplément, des éclats de rire, s'il vous plaît. Je trouve qu'à travers eux (Djiraël compris), Insa Sané nous a offert sur un plateau une bonne partie des sentiments et des traits de caractères que l'on peut retrouver dans la vie de tous les jours, si tenté que l'on ouvre un peu les yeux. Il associe dans sa palette de personnages les contraires. L'égoïsme et la générosité, la timidité et le "rentre dedans". Et évidemment, je ne vous dirais pas qui est qui. Un beau petit monde si réaliste, que j'ai souvent eu la sensation de les croiser à un carrefour, à travers quelques amis riant outrageusement. Vous me manquez, les copains...

Et finalement, qu'est ce que l'histoire est incroyable. On l'oublie, carrément. Tant qu'on est avec eux, qu'on passe du bon temps ensemble, l'histoire passerais presque au second-plan... Je suis quand même en train de vous affirmer que je porte tellement les personnages dans mon coeur, que Insa Sané aurait pu me raconter n'importe quoi qu'il m'aurait eu totalement dans la poche ! Mais il ne l'a pas fait... Et cette garce d'histoire nous rattrape, comme dans un grand huit géant, pour nous prendre à la gorge, nous attraper, et nous enfoncer la tête la première dans un sac que l'on nommerait "Les cancres de Rousseau". Cette histoire, c'est celle d'une année incroyable que l'on passe aux côté de Djiraël et des siens. Et là encore, ... J'ai envie de jurer corps et âmes pour tout vous décrire, pour vous captiver... Grrr, je me prends encore trop la tête...C'est d'ailleurs là aussi que Insa Sané a fait très très fort. Certes, on rit, on ressent des émotions dingues qui font qu'on a l'impression de vivre une seconde vie... Mais on réfléchit. Enormément même. Je me suis arrêté pas mal de fois pour réfléchir à quelques phrases remplies par les sous-entendus, que notre cher ami nous sert comme ça, entre deux scènes du quotidien. C'est un livre qui prend quelque part une dimension politique intense, puisque l'auteur aborde des sujets tel que le racisme, les violences policières... Récapitulons, si vous le voulez-bien, messieurs-dames. Nous avons : de l'émotion intense, de la réflexion en veux-tu, en voilà, des éclats de rire presque tous les chapitres. Que demander de plus ? Un peu d'action ? Vous en avez aussi ! Et plutôt pas mal. Comment est-ce possible ? Eh bien, vous saupoudrez le tout de révolution, véritable récolte des graines semées par les anciennes générations. Une flamme qui se transmet petit à petit au lecteur, qui s'embrase à son tour, et se voit bientôt leader d'une révolution. Ce récit, rythmé par le lycée, les amis, la famille, les soucis de coeur, nous offre ce qu'il y a peut-être de mieux ces temps-ci en littérature adolescente. Il y a le fond et la forme. Comment conclure ce paragraphe me direz-vous ? Ah je crois qu'il y a un mot que j'ai très peu utilisé depuis le début mais qui est légitime : Merci.

Comme décrit plus haut, la réflexion ne manque pas dans ce livre aux milles surprises. Insa Sané écrit avec force, des scènes vous font l'effet d'un coup dans la cage thoracique, tandis que d'autres offrent des moments de douceur et de fraîcheur, comme le goût d'un bonbon qui pique après avoir réussi à avaler la couche qui pique. C'est d'ailleurs comme ça qu'on pourrait résumer la vie des personnages : Des moments de bonheur arrachés grâce à d'autres, qui piquent le coeur et la peau. Il y a pas mal de comparaisons, parfois très poétique, parfois désespérément loufoques, à travers tout le roman. On peut aussi croiser le chemin de quelques belles métaphores. Avec un fond toujours très recherché, bien sûr ! Le fond et la forme.

J'espère de tout coeur découvrir vite les autres oeuvres de Insa Sané, et (soyons fou) pourquoi le rencontrer un jour ! En tout cas, je prendrais dans l'ordre. Prochaine destination : Dakar. Et je me suis renseigné (c'est rare mais ça arrive) devinez avec qui ? Notre cher Djiraël !

Quand je parlais d'émotion et de détail, je ne pensais pas que cette chronique ferait cette taille ! J'espère que celle-ci vous aura vraiment plu et j'espère surtout vous avoir convaincu qu'il faut A-BSO-LU-MENT découvrir ce chef d'oeuvre, coup de coeur absolu de cette fin d'année !

vendredi 3 novembre 2017

Un espion à vélo de Yona Zelios Mc Dounough



Auteure : Yona Zelios Mc Dounough

Maison d'édition : Magnard jeunesse 

Nombre de pages : 176 pages 

Année de sortie : 2017





Résumé : En 1942, les Allemands entrent en zone libre et envahissent le village de Marcel, où ses parents sont boulangers. Fou de cyclisme, il est incollable sur le tour de France et fait parfois les livraisons pour eux à vélo. Mais un jour, Marcel découvre que les miches de pain qu’il transporte cachent des messages secrets. Ses parents, si discrets, font partie de la résistance.
C'est alors qu'arrive une nouvelle dans sa classe, Delphine. Sur son grand vélo rouge, elle est non seulement jolie, mais aussi la plus forte à la course ! Marcel et elles deviennent amis et prennent l’habitude de se retrouver en secret. Bientôt, Marcel comprend qu'elle et sa famille doivent se cacher. Pour les aider, il se lance à corps perdu dans une dangereuse course contre la montre


Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Magnard jeunesse pour cet envoi !

Je ne connaissais pas du tout l'auteure (Yona Zelios Mc Dounough) avant de découvrir ce roman, et encore moins l'histoire, car j'ai pris l'habitude de ne plus lire les quatrièmes de couverture des romans, de manière à avoir une surprise et une immersion totale dans l'histoire. J'étais réellement curieux de découvrir ce que recelait un tel bouquin et de savoir comment l'auteure allait aborder la Seconde Guerre mondiale, car la couverture ne laisse d'après moi aucun doute sur le thème de fond de ce bouquin.


Commentaire
: Le personnage principal de cette histoire se nomme Marcel, un jeune garçon passionné par le cyclisme. Lui et ses parents, tous deux boulangers, vivent dans un petit village du sud de la France non loin (à ce que j'ai compris) des Pyrénées. Contrairement aux personnages de certains bouquins destinés à cette tranche d'âge (8-12 ans), je me suis tout de suite attaché à Marcel. Je l'ai trouvé très lucide sur la situation actuelle de son pays, sur la guerre. Il est naïf mais pas trop quand même, l'auteure a bien su doser cette partie de sa personnalité. Il se rend compte très rapidement de certaines choses, mais d'autres le font à peine tiquer, sans qu'il ne s'arrête vraiment dessus et prenne le temps de réfléchir.
Le lecteur a deviné ces dernières depuis le début, bien évidemment. Cet aspect du livre peut parfois nous énerver, mais cela rend aussi Marcel plus réaliste, plus innocent, plus attachant aussi. On compatit, on aimerait l'aider, lui dire que cette horrible guerre se finit dans deux ans, qu'il faut tenir... Quant à Delphine, on l'apprécie tout autant, même si le lecteur la connaît beaucoup moins que Marcel. On voit une certaine fragilité derrière sa force à la course cycliste et sa connaissance à l'école. Elle aussi, on veut l'aider. J'ai trouvé les parents très courageux. Je n'en dirais pas plus sur les personnages, au risque de vous spolier.

Parlons de l'histoire à présent. Celle-ci nous plonge donc en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale, en 1942. Alors que l'on parle souvent des grandes batailles, des invasions, l'auteure nous montre la campagne, comment on y vit, ou plutôt survivre. On voit les conditions très difficiles dans lesquelles vivent les habitants de ce village, on voit aussi que la vie continue, malgré tout.
On suit Marcel dans son quotidien, rythmé par l'école, la lecture, les courses à vélo, les courses pour ses parents avec des messages secrets.  Quelques éléments viennent pimenter le tout. Le lecteur est pris dans l'histoire, on a l'impression d'être assis derrière Marcel, sur sa selle, sur les routes de campagne. On stresse avec lui quand on voit des soldats, on est heureux avec lui d'aller à la rencontre de Delphine. A ma grande surprise, on ne s'ennuie pas. Quand l'histoire s’essouffle, un événement vient relancer notre intérêt pour le livre. De plus il faut à peine une dizaine de pages à la romancière pour mettre en place ses personnages et les lieux avant que Marcel ne découvre la face cachée de ses parents.


C'est un livre qui se lit très rapidement. On ressent, au fur et à mesure des pages, le travail de documentation faite par l'auteure, pour nous offrir la meilleure immersion possible. Celle-ci est d'ailleurs très réussie. Yona Zelions Mc Dounough nous retransmet de part son écriture beaucoup d'émotions différentes, tout en utilisant des mots simples et compréhensibles de tous. Les descriptions ne sont pas trop complexes ni lourdes, ce qui fait qu'on ne décroche pas de l'histoire.


La fin est assez douce, même si le lecteur ressent une pointe de tristesse et d'espoir, tout comme Marcel. On est apaisé, malgré tout. La boucle est bouclée.


Un très bon livre sur un aspect de la Seconde Guerre mondiale assez peu abordé en littérature jeunesse. A recommander à partir de 10 ans à tout lecteur fan d'histoire et d'aventures (et de cyclisme) !

Les Aériens de Marie-Catherine Daniel


Auteure : Marie-Catherine Daniel

Illustrateur : Timothée Leman

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Pépix Noir 

Nombre de pages : 160 pages 

Année de sortie : 2017



Résumé : Dure rentrée de 5e, pour Alexandre : tous ses amis l’ont abandonné car Romain, son grand frère, est responsable de la mort d’un lycéen dans un accident de moto. Théo et sa bande sont prêts à tout pour faire payer Romain – y compris s’en prendre à Alexandre, qu’ils harcèlent chaque jour. Heureusement, il y a Sarah, la nouvelle au collège. Elle n’aime pas les injustices et aide les deux frères. C’est justement en se réfugiant chez elle, un matin, qu’ils font la connaissance d’un être étrange : Courantd’Air.

Courantd’Air est un Aérien : un nuage de particules, invisible tant qu’il ne se charge pas de poussière. Il explique aux trois amis qu’il s’est fait piéger dans le lave-linge de Sarah alors qu’il fuyait un autre Aérien, le terrifiant Blizzard, qui vient d’arriver dans la région avec sa bande d’envahisseurs.


Leur but ? Détruire la ville !


Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Après la trilogie Nils et Zéna, la collection Pépix Noir ajoute à son palmarès "Les Aériens", un roman qui lie suspens et fantastique, d'après le peu que j'ai pu lire sur ce livre. En effet, je me suis très peu renseigné sur ce livre, et j'ai bien fait. Agréable surprise.


Commentaire : Je lis de moins en moins les quatrième de couverture de mes lectures, de manière à garder le maximum de surprise au moment de ma lecture. Et parfois, ça m'offre quelques jolies surprises. Et ce bouquin en est une ! Dans celui-ci, nous retrouvons Alexandre et Sarah, qui sont les deux personnages principaux de cette histoire (Romain, malgré le fait qu'il soit l'une des clés du roman, passe tout de même pour un personnage secondaire pour moi). Alexandre est plutôt froid, distant et renfermé sur lui-même au début du livre, et ce même pour le lecteur. Heureusement, Sarah arrive assez rapidement dans l'histoire et "débloque" quelque peu son ami, qui se révèle sous un jour nouveau, retirant le masque de tristesse qu'il avait revêtu lors de sa rentrée en classe. Ainsi, on découvre un Alexandre un peu plus sociable, beaucoup moins renfermé sur lui-même et qui prend pas mal d'initiative, même si Sarah reste quand même un peu la leader du petit groupe qu'ils forment avec Romain. En effet, celle-ci propose pas mal d'idées pour arriver à esquiver ou affronter la bande à Théo, quitte à parfois foncer dans le tas sans réellement réfléchir, ce qui aurait pu avoir parfois des conséquences dramatiques dans le dénouement de l'histoire. Je trouve vraiment que tous deux forment un bon duo, perspicace et attachant. J'ai beaucoup aimé les suivre durant tous le bouquin. Côté personnages secondaires, j'aime beaucoup Romain, le frère d'Alexandre, avec lequel le lecteur ne peut ressentir que de la compassion pour lui et la situation dans laquelle il se retrouve, et ce bien malgré lui. Le petit Aérien Courantd'Air m'a beaucoup plu également, il m'a fait pensé à un jeune enfant d'une dizaine d'années plongé malgré lui au centre d'une guerre qui le dépasse. Là encore, c'est la compassion qui prime.

Le roman débute par un prologue étrange, qui met en scène Courantd'Air et Blizzard, où il est question des Aériens. Pour quelqu'un qui n'a pas lu de résumé et n'a pas eu d'informations sur le livre, tout cela peut sembler un peu flou. Mais au final, quelle surprise et quelle imagination de Marie-Catherine Daniel ! Je trouve très fort le coup de mettre en parallèle la guerre entre les Aériens et celle que livre la bande à Théo à Romain et Alexandre. Ainsi, les deux peuvent s'emmêler, se démêler, se lier pour offrir au lecteur un bouquin rempli de suspens et de rebondissements. L'action est présente, on ne s'ennuie quasiment pas durant toute la durée du bouquin. De plus, les vingt dernières pages, là où l'aventure est à son paroxysme, sont beaucoup moins prévisibles que ce que j'aurais pu penser au départ, ce qui nous offre pas mal de surprise de qualité. L'auteure a véritablement su créer un univers avec ses créatures faites de vent et de molécules minuscules, et je me suis même surpris à penser qu'ils pourraient vraiment exister, ces Aériens. Peut-être pourrait-elle faire un tome 2 un peu plus axé sur les Aériens, leur origine, la manière dont ils sont gouvernés, etc... Un véritable petit monde aérien ! Je sens qu'il y a beaucoup de potentiel derrière ce bouquin.

Pour parler rapidement de la plume de Marie-Catherine Daniel, je pense qu'avec les descriptions très précises qu'elle nous a offert, elle a bel et bien dû vivre durant son enfance dans une ville ou dans une tour similaire au décor qui sert de toile de fond dans son roman. Par ailleurs, j'ai vraiment aimé le style de l'illustrateur, Timothée Leman. Son style m'a un peu rappelé celui de Rébecca Dautremer.

Le livre se finit sur une note positive, qui laisse un sourire sur nos lèvres et un soupir de satisfaction sortant de notre gorge. "Eh bien, quelle histoire !"


Un roman qui change des publications habituelles de Sarbacane, qui varie encore une fois et sort de sa zone de "confort de publications". La prise de risque est réussie puisque voilà un roman qui mêle suspens, originalité, et action. De quoi au plus jeunes comme au plus grands !

Le journal de Gurty : Marrons à gogo de Bertrand Santini



Auteur & Illustrateur : Bertrand Santini 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Pépix 

Nombre de pages : 176 pages


Année de sortie : 2017




Résumé : La nature s’endort et Gurty se réveille… Hourra ! C’est parti pour de nouvelles aventures couleur marron et goût châtaigne !

Mais une menace plus terrible que celle des citrouilles fantômes et des champignons vénéneux plane dans les environs : un mystérieux voleur d’animaux kidnappe un à un les chats et les chiens du voisinage !!… Alarmés, Fleur et Gurty tentent de se protéger d’une éventuelle attaque. Mais bientôt, Tête de Fesses, est à son tour kidnappé. Plus le choix : Gurty et Fleur unissent leurs forces pour tenter de retrouver leur ennemi préféré...


Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Ah Gurty ! Sans aucun doute l'un de mes Pépix préférés depuis que j'ai découvert cette collection, il y a de ça plus de deux ans maintenant ! Après un tome 1 ensoleillé, au beau milieu des grandes vacances et un tome 2 sous la neige hivernale, nous voici dans l'entre-deux : Gurty débarque en Provence, au beau milieu des mois d'Octobre et de Novembre, sous les feuilles tombantes des arbres avec le froid qui commence à prendre possession des lieux. Alors, cette fois-ci, la magie opère ? Oh que oui !


Commentaire : Pour les personnages, on prend les mêmes et on recommence ! Le lecteur retrouve donc avec plaisir Gurty, Fleur, Tête-De-Fesses, l'Ecureuil qui fait hi hi, et toute cette multitude de personnages qui font le charme de cette saga. Les humains Gaspard et Pépé Narbier sont aussi de la partie, même si ces derniers sont beaucoup moins mis en avant que dans le tome précédent. Le lecteur en apprend pas mal sur les passions des deux chiennes en automne, ainsi que sur leur passe-temps favoris. Gurty nous décrit encore un peu plus les difficultés de langage de Fleur, et on remarque également la naïveté de cette dernière. Bertrand Santini a vraiment encore poussé et forgé la personnalité de ces deux personnages principaux, si bien qu'on a parfois l'impression que le bouquin met en scène deux humains, mais leur innocence et un vocabulaire si bien employé nous rappelle que Fleur et Gurty restent deux chiennes qui comprennent parfois mieux les Hommes que les Hommes, justement.

Du côté de l'histoire, je trouve que celle-ci est vraiment beaucoup plus axée sur Fleur et Gurty. Pour rappel, dans le roman précédent, la petite chienne était "en guerre" contre la petite amie de Gaspard. Dans ce troisième opus, l'histoire (toujours racontée à la première personne par Gurty) est beaucoup plus axée sur les activités, les passions, les conversations, les débats les deux petites femelles. Gurty nous narre ses journées, ses petits tracas, ses petites satisfactions du quotidien, et nous, on se marre. Bertrand Santini est un peu revenu au même procédé de narration que pour le premier tome, avec le récit en mode "journal intime" qui prime sur une véritable histoire avec suspens et intrigue, étant donné que celle-ci n'intervient que dans les cinquante dernières pages je dirais. Dans le livre précédent, l'auteur avait fait le contraire, avec une histoire qui primait sur le récit du quotidien. Le journal de Gurty est un livre qui se lit quasiment d'une traite, qui nous plonge d'une manière très réaliste dans la tête d'un animal de compagnie avec une telle simplicité... Gurty est une saga qui permet de se décontracter, de s'aérer l'esprit après une lecture forte en émotion. C'est une lecture qui détend, qui vous fait du bien. Et c'est rare par les temps qui court.

Je voulais parler de cela dans le paragraphe réservé aux personnages, mais étant donné que l'écriture était impliquée, j'ai trouvé plus logique d'écrire cela dans cette partie de la chronique. J'ai trouvé Gurty vraiment plus mûre à certains moments de l'histoire. Evidemment, sa naïveté prend le pas la plupart du temps, mais il y a tout de même eu des moments qui m'ont surpris (celui de la tempête pour ceux qui ont déjà lu le roman), et cela se traduit notamment dans la plume de Bertrand Santini. Dès les premières pages, j'ai découvert une certaine musicalité, une structure dans les phrases. Je me suis amusé à relire ces passages à voix haute. Je retrouvais déjà cette pointe de poésie dans le reste de la saga, mais je l'ai vraiment trouvée accentuée dans ce dernier opus. Il y a des moments où j'ai vraiment été impressionné par la plume de Bertrand Santini. Après, je n'ai pas trouvé cela terriblement surprenant, car j'ai lu pas mal de chroniques sur les autres bouquins de cet auteur, qui sont catégorisé dans le Young-Adult, et il en ressortait souvent que la plume du romancier possède vraiment une touche poétique. J'ai hâte d’en lire plus de découvrir Bertrand Santini dans un exercice réservé aux plus grands ! 

D'après le site de Sarbacane, deux nouveaux tomes sont prévus pour 2018... Youpi ! Hâte de te retrouver Gurty !

Un très bon troisième tome, qui ne décevra pas les lecteurs de cette saga incontournable et rafraîchissante !

Colorado Train de Thibault Vermot


Auteur : Thibault Vermot 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 400 pages 

Année de sortie : 2017




Résumé : Durango, 1949. La poussière rouge. L’Amérique profonde, à peine sortie de la deuxième Guerre.

C’est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains. Durham et George passent des journées à construire une fusée ; le gros Don s’efforce d’échapper aux brutes du collège, tandis que Michael consigne les aventures de la bande dans son Cahier. L’enfance, les jeux, les rêves comme une marmite cuisant au soleil de juillet…

Jusqu’au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d’être retrouvé, quelques jours plus tard, à moitié dévoré. Aussitôt, les cinq copains décident d’enquêter. Dans l’ombre, le tueur – la Chose ? – les regarde s’agiter.


Et bientôt, les prend en chasse.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Je n'ai lu aucun résumé, aucune chronique concernant ce roman avant ma lecture. Mes seules indices : un titre et une couverture (qui est très belle soi-dite en passant). J'avais eu quelques bons retours oraux (Benoît Minville si tu passes par là...). Mais de là à m'imaginer un roman d'une si grande puissance...

Commentaire : Avec "Colorado Train", on se retrouve un peu dans l'ambiance développée par Axl Cendres avec "La drôle de vie de Bibow Bradley" : l'Amérique des années 40, l'après-guerre, la montée en puissance du conflit avec les russes... C'est dans cette période, et plus précisément à Durango, une petite ville du Colorado, que nous retrouvons Michael, Don, Durham, Calvin, Suzy et Georges. Une petite bande simple auquel le lecteur s'attache immédiatement. Chacun d'entre eux possède une personnalité et un caractère bien défini, ce qui fait que nous n'avons aucun mal à les différencier. On les aime aussi individuellement, Thibault Vermot prenant bien le temps de nous présenter chacun d'entre eux et de mettre en place leur situation familiale respective. On a donc la sensation de les connaître sur le bout des doigts dès le début de l'histoire. Les cinq se complètent merveilleusement bien, chacun apportant ses qualités et ses défauts à un groupe dont le lecteur et finalement le sixième homme. Le lecteur ressent ce qu'ils ressentent eux, à travers les lignes de ce roman. On les voit mûrir au fur et à mesure, et cette incroyable aventure va permettre de resserrer les liens entre eux. Pour le meilleur et pour le pire, comme on dit.

Côté personnages secondaires, j'ai beaucoup aimé le père de Suzy, car même s’il perd les pédales parfois, on ne peut s'empêcher de compatir pour lui. On comprend dès les premières lignes que son métier lui pèse sur la conscience, et on ne peut que compatir pour lui. Je finirais en vous parlant de la Chose. Je dirais simplement de lui qu'il est l'un des personnages méchants des plus réalistes, flippant, énervant et crédible (tout ce qu'on attend de celui qui joue le rôle du méchant) que j'ai pu lire cette année.

Il y a des romans qui marquent par leur(s) personnage(s) incroyablement bien construit, qui nous ressemblent, qui nous émeuvent. D'autres bouquins laissent comme souvenir une fin unique, incroyable, triste ou heureuse. On pensera à certains en se disant "Mais quelle plaisir ce fût de lire une si belle plume !" ou encore "Dans quels magiques j'ai vu évolué cette histoire". Et enfin, il y a ces bouquins. Ces bouquins dont on se rappellera l'histoire en elle-même. Une histoire qui nous as essoufflé, qui nous a transmis des tas d'émotions, qui a fait battre notre coeur, qui nous a fait retenir notre souffle, qui nous a maintenu éveillé jusqu'à l'aube pour en savoir toujours plus, qui dégageait une ambiance qui enveloppait notre esprit. Eh bien, Colorado Train fait parti de ces bouquins là.

Je crois que j'ai à peu près bien résumé la chose avec cette introduction. Que dire de plus ? Il m'a fallu moins de deux jours pour terminer ce roman, que dis-je, cette folle aventure. Thibault Vermot ne s'arrête tout simplement jamais. Pour résumer mon ressenti, je dirais que j'avais à certains moments l'impression de courir un marathon tellement mon coeur battait vite. J'étais tout simplement absorbé, immergé au coeur de cette folle course poursuite. On ne s'ennuie jamais. Notre intérêt pour le bouquin, pour l'intrigue grandit toujours plus. Comme si notre appétit pour Colorado Train grandissait toujours plus. Alors on engloutit le roman. Littéralement.

Pour restructuré mon propos, je trouve tout d'abord que la construction de l'histoire est très bien faite. Le livre est à la troisième personne. Nous suivons donc l'enquête menée par la bande pour tenter de découvrir qui est l'auteur de cet horrible meurtre. En parallèle, Thibault Vermot nous plonge dans la tête dans la Chose à certains moments de l'histoire (très bien choisis), histoire de casser un peu l'ambiance et l'immersion avec notre bande, de nous filer un petit coup les  pétoches, et parfois aussi de nous apprendre un peu plus sur la localisation, les intentions, le passé du monstre. Ces espèces d'interludes font bien souvent monté le rythme cardiaque du lecteur, car elles augmentent le suspens et l'intrigue. Et oui, personnellement, la Chose m'a bien faite flipper par moment. Le fait aussi de savoir où se situe le meurtrier joue sur les nerfs, car on sait quant est-ce que les jeunes approchent de sa cachette, quant est-ce qu'ils sont sur une mauvaise piste. On a bien souvent envie de leur hurler "NON N'Y VA SURTOUT PAS !", "TU TE TROMPES !" ou encore "MAIS IL EST JUSTE LA !". Ah oui ! J'ai également trouvé incroyable la manière dont l'auteur fait se croiser, se décroiser la Chose et la bande. Et là encore, le lecteur a envie d'hurler "MAIS ARRÊTEZ-LE!". Quand je vous parlais d'émotions...


Parlons à présent écriture. Thibault Vermot s'est beaucoup documenté sur la ville de Durango (tellement que je suis allé vérifier si c'était un lieu réel). Les descriptions sont claires et précises, même si la carte placée au début du bouquin n'est pas de refus. Comme je le répétais plus haut, j'ai vraiment eu la sensation d'être avec les autres, au coeur de la ville. D'être un membre apparent du clan. Comme si j'avais plongé dans la piscine Colorado Train, et que je ressortait à chaque fois que je levais les yeux du bouquin. Une sacrée expérience c'est moi qui vous le dit !

Le seul petit bémol concerne pour moi la fin. Celle-ci est ouverte, basée sur l'espoir et l'avenir. Je trouve toutefois qu'elle est un peu trop précipitée, et j'aurais aimé peut-être un ou deux chapitres supplémentaires, de manière à avoir plus de détails sur la suite (peut-être un épilogue) et surtout la réaction de certains personnages concernant certains événements de la scène finale.

Je rajoute une ou deux lignes pour remercier l'auteur concernant la bande-son, qui je trouve colle parfaitement à l'ambiance de son roman (merci aussi pour la découverte de la bande-son du film Oblivion, très agréable à l'écoute).


Un concentré d'action et d'émotions, d'excellents personnages pour une immersion totale : une nouvelle pépite pure de la collection Exprim' et un auteur à suivre, sans aucun doute.

mercredi 27 septembre 2017

Victoria Rêve de Timothée de Fombelle



Auteur : Timothée de Fombelle 

Maison d'édition : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 112 pages

Année de sortie : 2012





Résumé : Victoria voulait une vie d'aventures, une vie folle, une vie plus grande qu'elle. Et l'on disait tout autour d'elle : "Victoria rêve". Mais depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l'impression d'une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ?

Introduction :  Timothée de Fombelle est devenu au fil des années un auteur incontournable pour la jeunesse. Tout le monde a déjà entendu parler de "Vango", "Céleste, ma planète" ou encore "Tobbie Lolness". J'ai d'ailleurs lu il y a quelques années le premier tome de cette duologie, et j'en garde un excellent souvenir. Plus récemment, c'est le "Livre de Perle" qui a énormément fait parler de lui. Je compte d'ailleurs le découvrir très prochainement, ainsi que le second tome de Tobbie Lolness. Mais c'est avec "Victoria Rêve" que je poursuis mon aventure au sein de l'univers poétique de monsieur de Fombelle, et le résultat est encore réussi !

Commentaire : Parlons de Victoria, pour commencer. Cette dernière est donc une jeune collégienne qui... Rêve. Elle n'a pas vraiment d'amis, car elle préfère passer tout son temps libre dans les livres, à découvrir les aventures de différents héros comme Calimity Jane ou Roméo et Juliette. Je suis absolument certain que chaque lecteur de ce roman retrouvera un peu de lui en Victoria. Comme tout lecteur passionné, qui n'a jamais rêvé de se retrouver à la place du ou des héros de l'histoire qu'il est en train de découvrir. Et même quelqu'un qui n'est pas un lecteur aguerri, chacun d'entre nous s'est déjà retrouvé à rêver, devenant ainsi le héros d'une histoire d'amour et de gangster. Rêver est propre à l'humain, et c'est aussi une qualité qui le définit en tant que tel. Timothée de Fombelle, avec ce personnage de Victoria, nous rappelle à quel point chacun d'entre nous se prend à rêver chaque jour, à la manière de celle-ci justement. Victoria m'a beaucoup plu. J'ai longtemps eu la sensation qu'elle n'avait ou ne voulait pas grandir. Elle espère constamment que ses rêves (j'ai l'impression de me répéter haha) vont prendre vie, qu'elle va soudainement se retrouver en plein milieu de l’Amazonie, des plaines du Dakota du Sud ou sur la Lune. Finalement, je pense que la volonté de l'auteur à travers Victoria est de décrire ce passage de l'enfance à l'âge adulte, où l'on retombe un peu soudainement sur Terre. Il nous décrit cela à merveille, cette prise de conscience de Victoria, notamment à la fin du bouquin. Je trouve cela très réussi, et tout en poésie, bien évidemment.

Avec ce livre, Timothée de Fombelle nous confronte parfois à nos songes de jeunesse, à nos espoirs passés pour les plus adultes de ses lecteurs. Je pense que cette lecture a été empreinte de nostalgie pour certain. J'aimerais vous parler de l'ambiance qui se dégage de cette histoire. J'ai un peu de mal à vous la décrire... Comme une sensation de faux, que Victoria refuse de voir la réalité en face. On revient à cette sensation de passage de l'enfance vers l'adolescence et l'âge adulte. Et c'est vraiment durant les dernières pages du bouquin que ce sentiment nous attrape la gorge, pile quand on ne s'y attend pas. Ou du moins, à tout sauf à ça. Et ça nous fait réfléchir, justement. Sur nous, ce que l'on voulait être, ce que l'on va être/est devenu, sur nos rêves passés, sur nos rêves pour l'avenir. Un petit monde imaginaire avec comme élément déclencheur ce bouquin. On en vient même à peut-être plus rêver que Victoria, ce qui est une sacrée prouesse, croyez-moi !

L'univers et la plume de Timothée de Fombelle sont tous deux remplis de poésie.
Dans les descriptions, dans les comparaisons, j'aime beaucoup ce style d'écriture que j'ai retrouvé avec plaisir, quelques temps tout de même après avoir lu Tobbie Lolness, que j'avais totalement adoré ! Comme je vous l'ai dit dans l'introduction, je compte vraiment découvrir les autres romans de bibliographie de ce grand nom de la littérature jeunesse française, à commencer par le second tome de Tobbie Lolness, et surtout le grand "Livre de Perles" qui me titille depuis des mois !

Un livre que je recommande aux jeunes d'environ 11-12 ans, pour rêver encore un peu plus !
 

lundi 4 septembre 2017

L'atelier d'écriture n°274 de Leiloona : Le noir et le blanc, le ying et le yang et vice-versa



Version première :
Le Lac avait été pondu là, par hasard, comme un arbre qui eu une soudaine poussée de croissance, mais sans qu'aucune graine n’ai été plantée en cet endroit. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. Le Lac était là, et c'était tout. Il n'y eut guère que le petit Gamin pour se poser et poser des questions. Tentatives qui n'ont alors jamais eu plus de succès qu'une injure ou un mauvais geste de la main. Dans le Village, on avait appris à ne plus prêter attention aux caprices incessants de Dame Nature, et ça, le petit Gamin l'a très vite compris. Après quelques journées à peine, le jeunot cessa d'importuner ses aînés, conscient qu'il n'obtiendrait jamais de réponses de ce côté. Après quelques nuits passées à contempler le ciel voilé par de sombres nuages, le petit Gamin décida qu'il était temps d'aller voir de plus près cette oeuvre aussi merveilleuse qu'inattendue. Une nuit, alors qu'il entendait depuis quelques minutes à peine les ronflements sourds de son père, tantôt piquetés de quelques paroles aussi décousues qu'incomplètes de sa mère somnolente, le petit Gamin remonta le loquet de sa fenêtre, et sous une lune d'un blanc éclatant, et se dirigea d'un pas tranquille vers le Lac. Seul quelques aboiements lointains et quelques bribes d'une dispute conjugale vinrent troubler le pas tranquille de l'enfant, enchanté par l'hypnotique lune et le silence quasi complet qui règne en ces lieux. Après une bonne centaine de pas, le doux reflet de lune sur l'eau paisible fût visible. Lentement, le petit Gamin descendit la longue et étroite bande de sable, les yeux écarquillés de bonheur. Arrivé près de l'eau, il retira ses petits souliers dans un silence mortuaire. Puis il se posta face à la grande étendue d'eau. Il attendit. Quelques secondes peut-être. Ou quelques minutes. Ou quelques heures. Rien ne bougeait. le silence en devenait lourd, pesant. Alors, le petit Gamin avança son pied droit, qui toucha l'eau. Le liquide était de température moyenne, ni trop chaud, ni trop froid. Le jeune mit alors son deuxième pied à l'eau. Sans savoir pourquoi. Une sensation de bien-être l'envahit soudain. Il s'assit, la moitié des cuisses à la flotte. Un joli sourire flottait sur son visage livide. Il resta ainsi quelques instants, impassible, les yeux fermés, nageant dans le bonheur. Puis il se releva brusquement, et, arrivé à l'arbre le plus proche, le petit Gamin y suspendit tous ces vêtements. A présent à moitié nu, il fit vite demi tour. Sans s'arrêter. Il plongea dans le Lac doucereux, noyé dans un bonheur intense. En quelques secondes, son petit corps disparût, entièrement englouti par les eaux du Lac. Apaisé et heureux. On le revit plus jamais.


Version seconde :
L'Arbre avait été pondu là, par hasard, comme un lac qui aurait été créé par une énorme averse, sans qu'il n'y ait jamais plu. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. L'Arbre était là, et c'était tout. Les habitants du village voisin racontait qu'il était apparu durant une nuit de pleine lune, quelques jours seulement après le lac. On raconte qu'il a été découvert avec sur lui les vêtements d'un petit garçon, disparu dans la nuit.  La légende raconte qu'il est devenu l'Arbre. l'étendue d'eau est très vite devenue une grande attraction touristique, théâtre de nombreuses compétitions de cerf-volant, étant donné la puissance du vent qui règne en ces lieux. C'est ici, durant l'un de ces concours, que mon fils est mort. Chute mortel. Sur le rivage. Coup du lapin. Corps sans vie. Et c'est sur cet arbre que je dépose les vêtements qu'il portait en ce jour, ainsi que son doudou, qu'il gardait toujours à ses pieds, dans ses mains ou dans l'une de ses poches. Le cerf-volant les rejoindra. Je contemple l'Arbre, fait le tour du tronc, puis sort mon téléphone et immortalise le moment, une rivière salée coulant sur chacune de mes joue rougi par le froid mordant. Une fois le cliché terminé, je dépose le smartphone au pied du tronc. J'y attache mon béret près des vêtements de ma progéniture. Puis saute du haut de la falaise, et meurt. Apaisé.



Troisième version :

Le Portable avait été pondu là, par hasard, comme un cadeau tombé du ciel ou du tronc, sans qu'aucun des deux ne soit jamais intervenu. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. Le Portable était là, et c'était tout. C'est un garçon qui l'a ramassé. Une fois déverrouillé avec l'aide de son père, le Gamin a trouvé une photo magnifique du Lac et de l'Arbre, un jour de soleil. C'est avec celle-ci qu'il a remporté un concours de photographie. Il a gagné un magnifique cerf-volant, rose, rouge et violet. Depuis, il en fait tous les jours, un peu trop près de la falaise parfois, entre le Lac et l'Arbre. Il se sent libre. Apaisé.


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par (c) Vincent Héquet.

mercredi 30 août 2017

Nox tome 2 : Ailleurs d'Yves Grevet


Auteur : Yves Grevet

Maison d'édition : Syros

Nombre de pages : 424 pages

Année de sortie : 2013




Résumé : Un héros condamné aux travaux forcés dans la forêt pourrissante, dont nul n'a jamais pu s'échapper.Une jeune fille enceinte qui attend le retour du garçon qu'elle aime et se voit proposer un effroyable marché.Deux amis devenus ennemis, à qui il a manqué le temps de s'expliquer. Une adolescente de la ville haute qui devient agent double contre son gré. Des personnages qui se croisent sans toujours se reconnaître et, tout au bout du chemin, l'espoir d'une vie meilleure...

Introduction : J'ai lu le premier tome de cette dystopie en 2015, et j'avais tout simplement adoré ma lecture, que j'avais trouvée très originale avec ce système de narration du point de vue de différents personnages, qui n'est pas sans rappeler la saga U4, auquel Yves Grevet a participé. Je dois bien vous avouer que ma lecture datant de 2015, pas mal d'éléments avaient finis par s'échapper de ma mémoire, même si l'essentiel était encore là : je savais où l'auteur nous avait laissés avec les personnages principaux, avec quels problèmes, etc... Même si il m'a fallu un petit temps d'adaptation, j'ai retrouvé tout ce que j'avais aimé dans le premier tome.

Commentaire
: J'avais beaucoup aimé les personnages lors du premier opus, et cela se confirme avec le second. Petite nouveauté au programme, un nouveau point de vue vient s'ajouter aux trois précédents (enfin, dans mes souvenirs, il n'est pas présent dans le 1) : il s'agit de celui de Firmie, la petite amie de Lucen. Je pense qu'il est assez inutile que je vous fasse un portrait détaillé de chacun, puisque je risquerais de vous spolier. Je dirais simplement qu'à défaut de s'identifier à eux (nous ne sommes pas dans le même contexte "géopolitique" avec la nox, la mise en place de la ville basse et haute, etc...) on s'attache à eux. Et les galères auxquelles ils sont confrontés nous les rendent encore plus attachants, car on voit leurs doutes et leurs points faibles. Je trouve que cela les rend encore plus proches du lecteur, car ils sont ainsi plus "humains". C'est un côté que j'avais moins retrouvé dans le premier livre (enfin d'après mes souvenirs). Personnellement, je trouve que le personnage le plus intéressant dans cette duologie restera Lucen. Pourquoi ? Je trouve que c'est lui qui est le plus proche du lecteur, en fin de compte. C'est en tout cas celui parmi les quatre qui nous transmet le mieux les émotions qu'il ressent. C'est en parti pour cette raison que je le préfère. Il nous montre aussi à quel point l'amour d'un homme envers sa femme et son fils peut être pur et magnifique (c'est également le cas de Firmie d'ailleurs, qui m'a souvent ému aux larmes lorsqu'elle parle de son amoureux et de leur enfant). Toutefois, Gerges m'a beaucoup plu aussi, puisqu'il est constamment tiraillé entre sa famille et son passé avec ses amis. On le sent qui se pose des questions, qui se tâte, qui croire ? Là encore, cela le rend terriblement humain alors que tout nous sépare de leur condition. J'ai déjà parlé de Firmie, mais je rajouterais juste que c'est une fille courageuse. Cela ne fait aucun doute. J'ai par contre un peu moins accrocher avec Ludmilla, qui était pourtant celle que je préférais dans le tome 1. Dans ce second volet, je l'ai trouvée… Je ne saurais comment vous dire... C'est un peu bizarre comme sentiment. Je la trouve très courageuse, mais à la fois assez peureuse sur certains points, même si cela peut parfaitement se comprendre. J'ai eu un peu de mal avec son caractère et ses réflexions, parfois. Mais elle reste dans l'ensemble un bon personnage.


L'histoire nous est donc comptée du point du vue de chacun des personnage, à la première personne. Les chapitres se succèdent, avec à chaque nouveau un personnage qui prend le relai, dans un ordre qui reste toujours le même. L'intrigue reprend exactement où Yves Grevet l'avait laissée dans le tome précédent. Et je ne cesserais de le répéter, ce style de narration à plusieurs voix est juste excellent. Le romancier arrête chacun de ses chapitres pile où il faut, juste avant la révélation. J'ai la sensation de me répéter par rapport à ma précédente chronique, mais c'est vraiment un style qui m'a enchanté. De plus, les bornes chronologiques ne sont pas du tout les mêmes entre les chapitres. On peut passer d'un chapitre dans la peau de Lucen à un chapitre dans la peau de Firmie qui se déroule quelques semaines ou mois après. C'est ainsi que l'on obtient des réponses inattendues à nos questions sur des personnages alors que ce n'est pas lui qui nous parle. C'est très, très bien fait. Chacun des personnages de cette histoire à une quête différente, une manière différente d'arriver ici ou là, mais ils se croisent, décroisent, sans se voir parfois, s'aident. Quel imagination ! Yves Grevet mène son lecteur par le bout du nez, il nous tient en haleine pendant quasiment tout le livre. Pas une fois on ne s'ennuie, Yves Grevet rajoutant toujours un peu d'huile sur le feu où laissant des questions sans réponses. On est pris à la gorge par la tension qui émane de certaines scènes d'action du roman. Résultat : Cet élément combiné à la narration fait qu'une fois de plus, et à l'image du tome 1, ce livre se lit très vite. Trop vite.


J'ai déjà pas mal parlé du style de narration juste au-dessus, alors je me contenterais de quelques mots pour la plume d'Yves Grevet. Je trouve qu'il arrive parfaitement à nous faire ressentir et voir ce que ses personnages voient. Je me suis vraiment senti immergé au coeur de cette ville basse et haute, à peine séparée par une bande de Terre. Tout cela est très originale, soit dit en passant.


La fin est vraiment superbe. Apaisante. Cerise sur le gâteau
. Exactement ce qu'il faut au lecteur pour digérer ce qu'il vient de vivre pendant 424 pages. J'hésite encore sur la prochaine oeuvre de Grevet que je devrais lire. U4 Koridwen ? Méto ? Autre ? J'hésite encore beaucoup... L'avenir nous le dira.

Envie d'une dystopie originale, riche en émotions comme en actions et en suspens ? Alors n'hésitez pas, foncez ! Nox vous convaincra, j'en suis absolument certain !

mercredi 23 août 2017

Sirius de Stéphane Servant


Auteur : Stéphane Servant 

Maison d'édition : Le Rouergue 

Collection : Epik 

Nombre de pages : 480 pages

Année de sortie : 2017





Résumé : Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère Kid. Réfugiés au coeur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route.
Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livré au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.


Introduction :
Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !


J'ai plutôt pas mal teaser ce bouquin sur le blog, en postant notamment la couverture et le résumé en juin et en aout. Il faut dire que je n'en suis pas à mon coup d'essai avec Mr.Servant, avec son Coeur des Louves  qui sera à coup sûr dans mon top 10 de fin d'année. En réalité, je pourrais vous en parler des heures durant. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ce livre-ci, bien qu'il soit incroyable, je vous invite donc à consulter la chronique que j'en ai fait, vous pourrez ainsi bien voir mon ressenti et mes impressions sur ce bijoux. Vous comprendrez donc que j'étais plus qu'impatient à l'idée de découvrir une nouvelle histoire de cet auteur. Et punaise, il a encore mis la barre haute, très haute. Trop haute.


Commentaire :
Les deux protagonistes de cet aventure se nomment Avril et Kid. Bien que le roman soit à la 3ème personne, le lecteur se sent facilement plus proche d'Avril, une jeune fille qui doit avoir environ 17 ans, bien qu'il n'y ai aucune date et aucun repère temporel (je doute franchement que les gens pensent à une quelconque date lorsqu'il s'agit juste de survivre alors que le monde s'écroule) durant toute la durée du livre. Avril est un personnage déterminé, sans aucun doute. Déterminée à survivre, déterminée à protéger Kid et à oublier son passé. Un passé que l'on devine sombre et mystérieux. Kid est un petit garçon aventureux, qui aime par-dessus tout sa soeur et la nature. Le duo qu'ils forment est très attachant, le lecteur ne peut qu'adorer ces deux personnages atypiques, survivants dans un monde en colère et qui se déchaîne. En vérité... je ne veux pas vous les présenter plus en détail, comme je fais habituellement, car eux sont vraiment... Surprenants. Ils évoluent. On les voit évoluer durant tout le bouquin mais... D'une manière différente. Sans aucun doute. C'est ce qui les rend si particuliers et indescriptible à mes yeux, c'est aussi pour cette raison que je ne pourrais vous les décrire d'une manière très détaillée, et je suis sûr et certain que j'aurais énormément de mal à trouver les mots  pour vous offrir un aperçu juste et précis. Ils posent des questions, ça ne fait aucun doute. Je pense que c'était aussi le but de Stéphane Servant, à travers cet écrit, d'interroger qui le lira sur pleins de sujets différents. Et là, le lecteur se pose des questions sur l'être humain et l'humanité. Comment survivre ? Sortis comme ça dans notre confortable vie douillette, qui sommes-nous vraiment ? Comment ressortir nos instincts naturels ? Et d'ailleurs, ne sommes-nous pas réellement des animaux sauvages ? Personnellement, j'ai fais beaucoup de pauses durant ma lecture pour y réfléchir plus en détail et avoir des réponses à mes questions. Je pense qu'il n'y en a pas, ou plutôt qu'il y en a plein, des dizaines, puisque chacun y répondra différemment. Et ça c'est très fort.


Sacré Stéphane Servant. Même dans un exercice totalement différent de ce qu'il avait pu écrire avec le Coeur des Louves, il maîtrise parfaitement son sujet. Vous savez à quel point je suis friand de road-trip. Et bien celui-ci est vraiment parfaitement maîtrisé. On se prend au jeu, devant véritablement le quatrième membre de cette bande de survivants désespérés. A nouveau, l'auteur mêle subtilement le fantastique et la réalité (bon, une réalité assez futuriste et anticipée, je vous l'accorde). Il nous surprend, nous interroge, encore une fois. Mais je vais y revenir. L'histoire en elle-même est donc ce chemin, ce voyage, cette fuite de Kid et Avril, pour des raisons assez différentes chez les deux individus. Leur route croisera celle de Sirius. Une rencontre déterminante. Incroyable. Sirius ? Qui est-ce ? Eh bien... Je vous laisse la surprise, à nouveau. Je ne m'attendais pas du tout à ça de la part de Stéphane Servant, qui nous prend littéralement à la gorge avec cette aventure parsemée de dangers et de rebondissements. J'ai adoré. Il nous mène par le bout du nez, révélant un petit peu de ce qu'il faut, jamais trop, oh non surtout pas. On ne comprend pas vraiment où il veut nous mener, jusque dans les dernières pages, où il nous émerveille, comme il l'avait si bien fait dans le Coeur des Louves. Je disais tout à l'heure qu'il nous interrogeait à nouveau. Et bien cette fois-ci, c'est sur la nature, les animaux, l'environnement qui nous entoure que le romancier pose des questions. Il nous montre la beauté de ce monde, nous fait prendre conscience de ce que nous sommes en train de faire subir à la Terre. Que garderions-nous si jamais une seule chose devait être conservée ? Qu'elle est la plus belle chose dans ce monde ? Ce dernier aura-t-il une fin ? Si oui, sous quelle forme ? Et peu à peu, le scénario de Sirius devient plausible pour le lecteur. Probable même. Et ça c'est très fort.


L'écriture de Stéphane Servant... Punaise (et je suis poli) qu'il est fort. Il arrive à rendre magnifique la fin du monde avec ses mots, tout en poésie. Il mélange subtilement les genres, fait des clins d'oeil, amène en douceur des révélations, il met en place sa fin, la composant au fur et à mesure, comme si, il associait les pièces d'un puzzle finement détachées. Résultat, la fin est d'une cohérence folle avec ce que nous avons vécu durant ces presque 500 pages. Elle paraît... Logique. Et ça c'est très fort.



Le coeur des Louves ou Sirius ? Impossible de choisir, tous les deux ont été des lectures majeures de cette année et avec "La langue des Bêtes qui suivra bientôt, on peut dire que Stéphane Servant imprègne de sa plume mon année 2017. Sirius est à lire. Pour les plus jeunes, qui se plairont à découvrir les aventures des personnages avec une belle délectation. Et les plus grands, pour qui ce livre sera le point de départ de nombreuses interrogations, et ils observeront le monde différemment après ça. Et ça justement, c'est très fort.