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dimanche 12 novembre 2017

Les cancres de Rousseau d'Insa Sané



Auteur : Insa Sané

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim' 

Nombre de pages : 400 pages

Année de sortie : 2017 




Résumé : C’est l’année ou jamais pour Djiraël. Il est en terminale et il a la chance de se retrouver dans la même classe que ses potes de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz. En plus, le prof principal, c’est Monsieur Fèvre – le seul prof à s’intéresser à eux… Il ne manque au bonheur de Djiraël qu’un baiser de Tatiana, qu’il convoite depuis la Seconde. En tout cas, Djiraël a décidé que cette année serait inoubliable. Aussi, quitte à se mettre l’administration à dos, il fera en sorte que l’éclate passe avant le baccalauréat. Le bonheur ne se conjugue pas au futur… Sauf que Monsieur Fèvre va avoir besoin d’aide. Et qu’il faudra donc, pour Djiraël, faire le choix entre sa quête d’amour, son intérêt personnel, les promesses faites à ses amis, et la nécessité d’agir selon son devoir. Parfois, on a décidé d’un truc et finalement on fait tout l’inverse.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

J'ai tellement entendu parler de cet auteur et de sa fameuse "Comédie Urbaine" ! Son retour ? Un événement. Moi qui n'avait jamais lu de roman d'Insa Sané avant "Les Cancres de Rousseau" (oui vous pouvez me frapper si l'envie vous en prend), je compte bien lire toute son oeuvre. Mais bon, comment faire autrement après une claque pareille...


Note d'avant-propos : Cette critique reste d'être assez confuse et désordonnée... Ce sont les émotions qui parlent, comme rarement son auteur a pu les laisser parler. Une chronique expérimentale, si vous voulez... L'auteur espère que le tout vous plaira !

Commentaire : Il est vrai, j'ai eu cette année énormément d'excellentes lectures, beaucoup d'entre elles m'ont marqué au fer rouge. Je n'ai pas vraiment eu de grosses déceptions en 2017 (pour le moment). Et par ailleurs, j'ai toujours essayé de varier ma manière d'écrire mes chroniques, avec des arguments différents, des petites touches d'humour, des figures de style parfois, quand l'inspiration atteignait son summum... J'appuyais souvent sur des points en particulier, ces choses qui font qu'une lecture reste en tête, ça peut être un personnage, une ambiance, une scène particulière, la fin de l'histoire... Malgré mes avis quasiment toujours positifs, j'ai toujours (je le crois) réussi à rendre mes chroniques uniques et différentes les unes des autres. Je tiens tout de suite à le préciser, ce roman est un coup de coeur. Un coup de coeur de la trempe d'Eleanor & Park, de la drôle de vie de Bibow Bradley, de Marquise, de Sirius ou encore du Coeur des Louves, qui sont sans aucun doute mes meilleures découvertes de cette année. Mais rarement, un livre ne m'avait autant remis en question sur ma manière d'écrire une chronique, sur ce que j'allais écrire. Un article doit pour moi toujours rendre service au livre, non seulement en lui faisant de la pub parfois, mais en orientant le public qui risque de vous lire, en expliquant, décrivant, en faisant une critique argumentée sur ce qui ne nous a pas plu... Mais parfois, il y a des romans avec lesquels on a la sensation de ne pas rendre service à l'oeuvre, voyez-vous ? Je me suis longtemps pris la tête sur ce que je pouvais bien raconter concernant les Cancres de Rousseau... Aujourd'hui, ce que je présente à vous est similaire aux pensées et sensations qui m'ont traversé après ma lecture... Des mots simples, mais sincères. Des choses claires et complexes à la fois. Des questions et des réponses. Les Cancres de Rousseau d'Insa Sané, quoi.

De ce livre, je n'avais eu l'occasion de découvrir pour toute mise en bouche un petit chapitre, offert dans le fascicule confectionné à l'occasion des 10 ans de la collection Exprim'. Quelques pages à peine, dont je comprendrais plus tard leurs enjeux cruciaux, une fois replacés dans le contexte si particulier du bouquin. Et d'emblée, après une ou deux relectures, j'ai beaucoup aimé le personnage principal de ce roman, Djiraël, un jeune homme de dix-huit. Djiraël est quelqu'un de très simple et très complexe à fois, et il sera très dur pour le lecteur de distinguer les contours les plus nets de sa personnalité pleine de surprises et de nuances noires et blanches. Le livre est à la première personne. Tout ce je peux vous assurer, c'est que ce personnage merveilleux ne vous laissera en aucun cas indifférent, dans tous les sens du termes, et que Insa Sané nous plonge merveilleusement bien dans la tête de son personnage (ou de lui-même, quelques années en arrières...). Je n'en dirais pas plus sur lui, mais sachez que j'ai vraiment, vraiment eu la sensation d'être lui. Il nous décrit tellement bien ce qu'il pense, ce qu'il voit, ce qu'il aimerait qu'il se passe dans sa vie tout en gardant toujours une pointe de mystère dans ses paroles. J'ai vraiment du mal à mettre des mots sur ce que je pense à propos de Djiraël. Ou si peut-être que si, je les ai... Attendez... Pour moi, il est simplement... Réel. On croise souvent des personnages, au travers de nos lectures, auxquels on s'identifie, auxquels on s'attache, qui nous ressemblent même parfois. J'ai parfois eu cette sensation de réalité (Dylan Dubois de Martine Pouchain), mais en aussi fort, je crois bien que c'est la première fois. Djiraël dépasse pour moi l'espace du simple bouquin. Je me suis fais un ami. Je l'imagine, marchant il y a quelques années dans les rues de Sarcelles avec sa bande à lui, rigolant tantôt, plonger dans ses pensées parfois, triste, rarement. Voilà comment je pourrais définir Djiraël. Un super ami.

Et ses amis ? Sa bande ? On rigole franchement. J'ai beaucoup, ne cesserait-ce que souri, pendant ma lecture. Plongé dans la tête de Djiraël, on devient évidemment le compagnon de ces personnages que la société n'épargne absolument pas. Je n'ai pas envie de vous les décrire un par un, tant ils forment un bloc uni et soudé d'après moi, même si on les différencie très facilement les uns des autres. On ressent une affection qui ne fait que croître tout au long de l'histoire. Ce que j'ai aimé chez eux ? Leur philosophie de vie. Celle-ci nous la mène dur, alors on la lui rend bien, et, avec en supplément, des éclats de rire, s'il vous plaît. Je trouve qu'à travers eux (Djiraël compris), Insa Sané nous a offert sur un plateau une bonne partie des sentiments et des traits de caractères que l'on peut retrouver dans la vie de tous les jours, si tenté que l'on ouvre un peu les yeux. Il associe dans sa palette de personnages les contraires. L'égoïsme et la générosité, la timidité et le "rentre dedans". Et évidemment, je ne vous dirais pas qui est qui. Un beau petit monde si réaliste, que j'ai souvent eu la sensation de les croiser à un carrefour, à travers quelques amis riant outrageusement. Vous me manquez, les copains...

Et finalement, qu'est ce que l'histoire est incroyable. On l'oublie, carrément. Tant qu'on est avec eux, qu'on passe du bon temps ensemble, l'histoire passerais presque au second-plan... Je suis quand même en train de vous affirmer que je porte tellement les personnages dans mon coeur, que Insa Sané aurait pu me raconter n'importe quoi qu'il m'aurait eu totalement dans la poche ! Mais il ne l'a pas fait... Et cette garce d'histoire nous rattrape, comme dans un grand huit géant, pour nous prendre à la gorge, nous attraper, et nous enfoncer la tête la première dans un sac que l'on nommerait "Les cancres de Rousseau". Cette histoire, c'est celle d'une année incroyable que l'on passe aux côté de Djiraël et des siens. Et là encore, ... J'ai envie de jurer corps et âmes pour tout vous décrire, pour vous captiver... Grrr, je me prends encore trop la tête...C'est d'ailleurs là aussi que Insa Sané a fait très très fort. Certes, on rit, on ressent des émotions dingues qui font qu'on a l'impression de vivre une seconde vie... Mais on réfléchit. Enormément même. Je me suis arrêté pas mal de fois pour réfléchir à quelques phrases remplies par les sous-entendus, que notre cher ami nous sert comme ça, entre deux scènes du quotidien. C'est un livre qui prend quelque part une dimension politique intense, puisque l'auteur aborde des sujets tel que le racisme, les violences policières... Récapitulons, si vous le voulez-bien, messieurs-dames. Nous avons : de l'émotion intense, de la réflexion en veux-tu, en voilà, des éclats de rire presque tous les chapitres. Que demander de plus ? Un peu d'action ? Vous en avez aussi ! Et plutôt pas mal. Comment est-ce possible ? Eh bien, vous saupoudrez le tout de révolution, véritable récolte des graines semées par les anciennes générations. Une flamme qui se transmet petit à petit au lecteur, qui s'embrase à son tour, et se voit bientôt leader d'une révolution. Ce récit, rythmé par le lycée, les amis, la famille, les soucis de coeur, nous offre ce qu'il y a peut-être de mieux ces temps-ci en littérature adolescente. Il y a le fond et la forme. Comment conclure ce paragraphe me direz-vous ? Ah je crois qu'il y a un mot que j'ai très peu utilisé depuis le début mais qui est légitime : Merci.

Comme décrit plus haut, la réflexion ne manque pas dans ce livre aux milles surprises. Insa Sané écrit avec force, des scènes vous font l'effet d'un coup dans la cage thoracique, tandis que d'autres offrent des moments de douceur et de fraîcheur, comme le goût d'un bonbon qui pique après avoir réussi à avaler la couche qui pique. C'est d'ailleurs comme ça qu'on pourrait résumer la vie des personnages : Des moments de bonheur arrachés grâce à d'autres, qui piquent le coeur et la peau. Il y a pas mal de comparaisons, parfois très poétique, parfois désespérément loufoques, à travers tout le roman. On peut aussi croiser le chemin de quelques belles métaphores. Avec un fond toujours très recherché, bien sûr ! Le fond et la forme.

J'espère de tout coeur découvrir vite les autres oeuvres de Insa Sané, et (soyons fou) pourquoi le rencontrer un jour ! En tout cas, je prendrais dans l'ordre. Prochaine destination : Dakar. Et je me suis renseigné (c'est rare mais ça arrive) devinez avec qui ? Notre cher Djiraël !

Quand je parlais d'émotion et de détail, je ne pensais pas que cette chronique ferait cette taille ! J'espère que celle-ci vous aura vraiment plu et j'espère surtout vous avoir convaincu qu'il faut A-BSO-LU-MENT découvrir ce chef d'oeuvre, coup de coeur absolu de cette fin d'année !

mercredi 23 août 2017

La drôle de vie de Bibow Bradley



Auteure : Axl Cendres 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 208 pages

Année de sortie : 2012




Résumé : USA, les 60’s. Né dans une petite ville perdue de l’Illinois, le jeune Bibow Bradley est destiné à finir derrière le comptoir du Bradley’s and son, le bar à tocards que tient sa famille. Après un détour obligé par la case Guerre – la sienne, ce sera le Vietnam. À 18 ans, parachuté dans le combat, il aurait dû perdre un oeil comme papy ou une jambe comme papa, mais la particularité de Bibow, c’est qu’il n’a jamais peur. Les balles sifflent à ses oreilles sans qu’il sursaute. Un don très utile aux yeux de la CIA… Mais de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock, Bibow découvrira une chose qu’on ne lui a jamais enseignée : le facteur humain.

Introduction : Axl Cendres. Premier roman depuis "Dysfonctionnelle". Donc depuis novembre 2015. Bon, autant vous dire qu'il m'en aura fallu du temps pour digérer le roman que je considère comme mon roman préféré. Oui oui, le seul et l'unique. Qu'attends-je de "La drôle de vie de Bibow Bradley" ? Franchement... La surprise. La même incroyable surprise qui m'avait sauté à la gorge lors de ma lecture de "Dysfonctionnelle". Et là encore, la magie opère. Sacrée Axl. Vivement qu'on se rencontre, je ne perds pas espoir.

Commentaire
: Bibow est un personnage drôle, sans aucun doute. Né au sein d'une famille campagnarde de l'Illinois, dans les années 50, ce jeune homme a la particularité de ne jamais ressentir la peur. Un "don" qui le sauvera tantôt, mais qui lui attirera des soucis, aussi. Bibow est un personnage atypique. Sa particularité, son entourage, l'époque à laquelle il vit, tout cela le rend à part. On ne peut s'identifier à Robert Bradley Jr. Mais on peut l'adorer, et je pense que comme moi, beaucoup de monde adore Bibow. A la manière de Fidèle dans "Dysfonctionnelle", c'est quelqu'un qui fait ressentir tout un tas d'émotions au lecteur. On est stresser, on a peur, on rit, on est heureux pour lui. Car lui, justement, eh bien j'ai la sensation qu'il ne ressent pas vraiment tout cela. Bibow a toujours voulu être ailleurs. Quelque part où il se sent bien. Cette envie d'évasion, omniprésente durant toute notre lecture, se caractérise par cette phrase, répétée à plusieurs reprises dans le bouquin : "Bien sûr j'aurai pu m'enfuir, mais pour aller où ?". Le jeune homme, de part son éducation et l'environnement dans lequel il a été élevé, est assez vulgaire dans ses propos au début du livre. Mais, au fur et à mesure que l'histoire avance, cette vulgarité s'efface quelque peu. Une preuve de maturité d'un Bibow devenu plus sage. C'est subtil et efficace. Bravo Axl. Vraiment.


L'histoire, c'est celle de ce Robert Bradley Jr. sans aucune peur. C'est l'histoire de sa vie. Une vie mouvementée, peu ordinaire, pleine de rebondissement. Je me demande encore aujourd'hui si tous les faits racontés dans ce bouquin sont réels, et j'irais me renseigner. A travers celui-ci, Axl Cendres dénonce clairement la guerre, et plus particulièrement la CIA et ses agissements. Bibow, à cause (grâce) de ce "problème" donc, se retrouve à trembler sur le globe, au coeur de mission visant à éradiquer (la plupart du temps) le communisme et ses partisans. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on ne s'ennuie certainement pas. L'action est omniprésente, ce qui rend le livre très addictif. Les rebondissements sont bien là. L'humour et les émotions aussi. Encore ce cocktail explosif qui fonctionne si bien. Dans un tout autre genre que "Dysfonctionnelle". Ca fonctionne, Axl Cendres maîtrise parfaitement bien son sujet, ajoutant même quelques pointes sur l'Histoire et la guerre de Vietnam. Conquis, c'est le moins qu'on puisse dire.


Pour l'écriture, là, c'est trash
. Les gros mots, il y en a. A quasiment chaque phrase même, au début du moins. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé, je pense que cela rend le roman plus réaliste quelque part, quand on sait dans quel contexte familial il se déroule. Axl Cendres nous fait rire, nous émeut, encore et toujours. C'est une magicienne des mots. Dysfonctionnelle l'aura confirmé par la suite. Chapeau l'artiste.

La fin, quant à elle, apaise littéralement le lecteur, à la manière de Dysfonctionnelle. C'est inattendu. C'est beau. Là encore. Merci.



Un coup de coeur ? Oui. Aussi grand que pour Dysfonctionnelle ? Non. Mais n'empêche, second coup de coeur. Un magnifique coup de coeur. Une de mes plus belles lectures de 2017.

Eleanor & Park de Rainbow Rowell




Auteure : Rainbow Rowell

Maison d'édition : Pocket Jeunesse

Nombre de pages : 384 pages

Année de sortie : 2014




Résumé : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Introduction
: Vous savez, il existe des romans, non, des petits joyaux, qui vous retournent, qui vous hantent, dont vous refaites les histoires des dizaines de fois, parfois en modifiant certains passages ou certains personnages. Vous vous imaginez à leurs côtés, en train de vivre ces folles aventures, en quête de quelqu'un, de quelque chose ou tout simplement de soi-même. A chaque fois que vous en relisez un passage de ces livres, votre corps est parcouru de frissons et votre esprit est embrumé par les lignes qui défilent sous vos yeux ébahis. Vous ne voyez pas ? Mais si... Vous savez, les premiers mots, les premières lignes de ces bijoux vous transportent vers un autre monde, vous n’êtes dès lors plus vraiment vous-même, et vous n’êtes plus vraiment en train de lire un livre non plus. Vous le vivez. Il vous faut d'ailleurs plusieurs dizaine de minutes parfois pour émerger et revenir à la réalité, dans un grand soupir. Vous n'attendez qu'une chose, revenir à votre lecture et repasser de l'autre côté, si je puis dire. Chaque détails de la vie réelle vous rappelle votre lecture en cours, et vous n'avez alors qu'une envie : retrouver les pages de votre bouquin. Voyez-vous ce que je veux dire ? Oui ? Alors, c'est bon, nous pouvons commencer.


Cette introduction, écrite pour ma chronique du roman Tant que nous sommes vivants, vous décrit parfaitement mon ressenti sur elle-même. C'est parti pour la chronique d'un coup de coeur. Enorme coup de coeur.


Commentaire
: Il faut savoir que je ne suis pas tellement histoire d'amour. Mais quand elles sont bien écrites, elles me chamboulent pendant des semaines entières (oui oui, je pense à Songe à la douceur). Et là encore, même plus d'une semaine après la fin de ma lecture, ça va être très dur de trouver les mots pour vous décrire mon ressenti sur ce bijoux.


Comme à l’accoutumé, commençons par aborder ces personnages. Eleanor. Park. Bon, bah... Coup de coeur hein. Et oui, encore une fois. Décidément, les personnages de mes lectures sont très bons ces derniers temps. Plus sérieusement, cette fois-ci, ce n'est pas parce que j'ai pu m'identifier à eux que je l'ai adoré, c'est pour leur simplicité. L'un comme l'autre, ils ont leur style et ne tentent pas de rentrer dans la masse compacte des lycéens populaires. Ils sont particuliers. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais ils ont quelque chose en plus, quelque chose qui chacun unique et attachant. C'est aussi pour cette raison qu'ils sont tombés amoureux, je pense. Pour vous parler un peu d'eux séparément : Park est jeune chinois dont on appréciera les goûts musicaux, le calme et la passion pour Eleanor. Chez cette dernière, on aimera l'extravagance, le manque d’intérêt pour le regard des autres et la timidité. Chacun cache ses secrets. Ils s'ouvrent telle une fleur l'un à l'autre, doucement, sous la douce chaleur du soleil de l'amour. Eleanor n'est rien sans Park. Park n'est rien sans Eleanor. Les deux se complètent parfaitement bien. Chacun apporte une touche de ce que l'autre n'a pas. Ils forment un magnifique couple. Et le lecteur devient spectateur de cette amour. Rainbow Rowell nous rend amoureux d'un roman. Véritablement. Et quelle belle sensation !


L'amour entre les deux naît comme un soleil se lève un matin de printemps
(oui je suis d'humeur poétique). Doucement, on ne le perçoit d'abord pas tout à fait, même si on sent que quelque chose se passe à l'intérieur des coeurs. Un petit picotement quand on aperçoit l'autre, qui se transforme rapidement en une sensation de chaleur dans le ventre. On cherche à capter son regard. On se cherche. C'est compliqué, l'amour. Et tout cela, l'auteure nous le fait ressentir en cent fois plus fort. Elle mène l'histoire à la perfection. Une histoire d'exception, entre deux individus d'exception. Aucune étape n'est sautée. On ressent avec eux le picotement dans le ventre, les frissons dans la nuque, les envies de se voir, de se dire ce que l'on ressent. On tombe amoureux, comme eux. Ce roman, cette histoire est un véritable concentré de sentiments, tous plus forts les uns que les autres.

Je pense que chacun peut lire ce livre
, à que c'est l'âge qui fera qu'on le percevra d'une manière différente. Si quelqu'un le lit alors qu'il est un adolescent de 13-14 ans, alors il se rêvera de vivre une telle histoire d'amour, avec autant de passion. A contrario, un adulte quinquagénaire retombera amoureux et ressentira énormément de nostalgie à la lecture de ce livre. Des sentiments différents en fonction de l'âge... Toute en finesse. Chapeau l'artiste.

Rainbow Rowell sublime son histoire de sa plume. Elle propose parfois de belles métaphores qui ne sont pas non plus trop complexes à la lecture. Elle rend notre lecture fluide, simple et merveilleuse à la fois. Les émotions ressenties sont dingues. Merci à elle.


Une fin à en faire pleurer une statue conclue ce sublime roman. On ressort, le coeur battant et le cerveau embrumé par tant d'émotions. Quel splendide voyage !



Pour conclure simplement et efficacement, c'est un bijoux à lire à tout âge !

samedi 15 avril 2017

Marquise de Joanne Richoux

Auteur : Joanne Richoux

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 232 pages

Année de sortie : 2017





Résumé : Un excentrique milliardaire, qui se fait appeler Le Marquis, a fondé une société secrète : les Voluptueuses. La rumeur prétend qu’il a fait construire une réplique du château de Versailles, quelque part sur une île privée au large de l’Écosse, et qu’une centaine de privilégiés y mènent une vie de rêve.
Charlotte et Billy sont prêts à tout pour quitter leur sordide village natal – même à tenter l’impossible.
Ils ont de la chance, cette année : le Marquis organise un casting sauvage pour intégrer de nouveaux membres aux Voluptueuses. Huit jeunes artistes, dont eux, rejoindront finalement l’île paradisiaque où s’ébat la communauté. Mais la vie de château leur réserve bien des surprises…

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Décrit comme novateur, pétillant, glamour, mêlant des ambiances du XVIIIème siècle et des temps modernes, il ne m'en fallait pas plus pour demander à recevoir le premier roman de Joanne Richoux, unE jeune auteure d'à peine 27 ans. Rajoutez à cela la couverture absolument sublime, et vous avez le combo parfait du roman pleins de promesses qui m'attire. Je ne suis pas déçu, au contraire. Incroyable.

Commentaire : Parlons de Charlotte, pour commencer. Vous savez à quoi m'a fait penser Charlotte sur certains points ? A Katniss. Une fille embarquée dans quelque chose dont elle n'imaginait même pas les enjeux et les ficelles. Charlotte, orpheline depuis sa naissance et élevée par une tante grincheuse qui ne l'apprécie par le moindre du monde (et c'est réciproque), est en effet une jeune fille d'à peine 19 ans au caractère bien trempé. Ami d'enfance de Billy (même si leur relation est beaucoup plus ambigüe que ça), c'est avec celui-ci qu'elle participe à cette gigantesque aventure. Pour commencer, je dirais que j'ai beaucoup apprécié Charlotte durant la totalité de ce roman. Je crois que, malgré le fait que j'ai parfois du mal avec ce genre de personnage au caractère fort qui n'en font souvent qu'à leur tête, ce type de personnalité correspond parfaitement à l'histoire proposée par Joanne Richoux, car je pense qu'il faut un mental d'enfer pour survivre à tous les événements et les révélations que va subir la jeune fille sans sombrer dans la folie. Malgré cela, j'ai quand même réussi à m’identifier à Charlotte, notamment concernant la fin (je vais vous en reparler de celle-là, attendez un peu). Je crois que j'aurais sûrement pris les mêmes décisions et fait les mêmes choix si de telles événement venaient chambouler ma vie. Concernant l'autre personnage qu'est Billy, je ne pourrais trop vous en dire à son sujet, car il reste finalement assez en retrait durant une bonne partie de l'histoire. Je soulignerais juste le fait que je n'aurais certainement pas fait les mêmes choix que lui, et qu'il m'a beaucoup énervé, notamment à la fin de l'histoire (encore elle, décidément).

Voilà, passons maintenant au sujet que j'ai très envie d'aborder dans cette chronique. Je dois vous avouer aussi que j'ai longtemps, très longtemps hésité à faire une chronique qui, pour la première fois, spolierais la chute. Car c'est bien elle qui me tourmente, qui m'impressionne. Donc je vais à présent laisser exploser les émotions qui m'ont submergés après avoir fini ma lecture. QUOI ? MAIS QUOI ? MAIS C'EST JUSTE IMPOSSIBLE, POURQUOI ? NON MAIS ATTENDEZ LA... (je souffle un instant, bois un coup puis laisse de nouveau mes pensées dériver) IL FAUT QUE JE PARLE A L'AUTEURE, JE TE JURE QUE SI JE LA CROISE EN FESTIVAL, J'VAIS TE LA BOMBARDER DE QUESTIONS PARCE QUE LA... (je redescends un coup) il faut que je me refasse tout le fil de l'histoire, attendez, attendez... (bon faut attendre un peu que je me rebranche cérébralement parlant) MAIS PUNAISE C'EST QUE CA  SE TIENT EN PLUS MAIS J'Y CROIS PAS A CELLE-LA !!!

Voici un peu près ma réaction. Donc l'histoire à présent. Déjà pour commencer, je trouve le décor très spectaculaire et très bien imagé, avec cette véritable reproduction du château de Versaille à la sauce écossaise. Ensuite, les personnages secondaires sont des personnages assez incroyables. Avec leurs valses de couleurs, leurs costumes chatoyants et la mentalité un peu "fo-folle" et des manières tout droit venu du XVIIIème siècle, je peux vous dire qu'on retient chacun d'entre eux. D'ailleurs, je trouve que Joanne Richoux a su faire preuve de beaucoup d'humour, et j'ai franchement ris aux éclats bien souvent durant ma lecture. On remerciera Charlotte pour les répliques trash, qui clouent bien souvent le bec de l'interlocuteur. L'histoire en elle-même à présent. On a planté le décor, les personnages qui accompagneront le lecteur et les principaux personnages durant la lecteur, on peut donc y passé. Déjà, je trouve le principe de base génial et très innovateur. On sort vachement des sentiers battus de la collection Exprim', alors qu'elle-même était déjà un OVNI dans le genre littérature jeunesse. A la manière d'un "Jungle Park" ou d'un "Luna Viva", Marquise nous plonge au coeur d'un château fabuleux, au coeur de cette société secrète que sont les "Voluptueuses", qui n'a pas livré tous ses secrets. Même si l'auteure prend le temps de présenter les différents personnages au début de l'histoire, je trouve que l'histoire s'emballe vraiment à partir de l'entrée de Billy et Charlotte au château. A partir de là, on ne s'ennuie plus une seconde. Le lecteur est plongé au coeur de cette véritable secte écossaise. Difficile de lâcher le livre, il y a toujours au moins une révélation qui nous pousse à aller plus loin. On est à fond. Et là... LA FIN. J'avais tout imaginer. Tout. Sauf ça. Et franchement, j'étais (désolé mais là, il y a pas d'autres mots) sur le cul. La romancière a vraiment géré son livre de bout en bout. On sort de cette histoire embrouillé, et il faut un petit temps avant de comprendre et de ressentir la claque offerte par Marquise.

La plume de Joanne Richoux ? Je dirais que c'est un savoureux mélange entre l'humour et le suspens. Elle sait y faire dans les deux genres. Et franchement, le lecteur est pris. A la manière de Charlotte, la plume de l'auteure colle parfaitement à l'histoire contée. L’exécution, dans la forme et dans le fond, est terriblement bien réussie.

Autant vous le donnez en mille : ce livre est un coup de coeur. En guise de conclusion, j'aimerais ajouté que si par hasard Joanne Richoux tombe sur ce post à propos de son livre, qu'elle fasse attention, car si elle passe un jour aux alentours de Nancy en dédicace, un lecteur passionné sera là pour la féliciter et étancher sa curiosité !


lundi 10 avril 2017

Le coeur des Louves de Stéphane Servant

Auteur : Stéphane Servant

Maison d'édition : Le Rouergue

Collection : Doado

Nombre de pages : 544 pages

Année de sortie : 2013


Résumé de l'éditeur : Célia et sa mère, une écrivaine à succès en panne d’écriture, reviennent vivre dans la maison de leur grand-mère, morte depuis des années, au cœur d’un village perdu dans les montagnes. Leur retour est mal vécu par certains, comme s’il ravivait de vieilles histoires enfouies. Le cœur des louves est un roman impressionnant, flirtant avec le fantastique pour décortiquer les secrets d’une communauté fermée sur elle-même.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !

Stéphane Servant. Mon dieu que j'ai pu entendre parler de cet auteur, que ce soit sur internet, sur youtube, et même avec une bibliothécaire. Décrit comme un auteur inclassable, tant ses ouvrages sont uniques pour ses lecteurs, je m'étais lancé dans la bibliographie de cet auteur il y a de cela un peu moins de trois ans avec son tout premier roman, publié chez Gallimard jeunesse. Je garde un bon souvenir de cette épopée un peu folle au coeur de l'Andalousie. Avec le coeur des louves, publié aux éditions du Rouergue dans l'excellente collection Doado en 2013, l'auteur a conquis bon nombre de lecteurs (Margaud Liseuse par exemple). Alors, qu'en est-il de mon avis ? Eh bien... trois mots : Coup de coeur.

Commentaire : Ce roman nous plonge au coeur d'un petit village, situé dans un pays inconnu. La seule indication temporelle se situe dans le fait qu'il y a eu une guerre des dizaines d'années auparavant. Le lecteur se retrouve aux côtés de Célia une jeune fille d'environ 16 ou 17 ans. Cette dernière est très peu sociable, et reste bien souvent seule dans son coin. Très débrouillarde et taciturne au premier abord, Célia est quelqu'un de très complexe. Stéphane Servant construit un personnage que je qualifierais d'intemporel, car chacun d'entre nous peut se retrouver en elle, ou du moins la comprendre, même si ce n'est pas un exercice aisé, il faut bien l'avouer. Cette jeune fille donne du fil à retordre au lecteur, qui est très souvent obligé de lire entre les lignes pour bien la comprendre, que ce soit son attitude ou ses choix. Il faut aussi savoir replacer les choses dans leur contexte pour bien savoir qui est vraiment Célia. Je ne vous en dévoile pas trop, mais je serais très heureux de débattre avec les lecteurs de ce livre à propos de ce personnage, car je trouve qu'il y a beaucoup de choses à dire à son sujet. On dirait bien souvent une personne réelle, qu'il est possible de croiser à tout moment dans la rue. Gros coup de coeur pour Célia. L'autre personnage principal du roman, est quelque part sa grand-mère. Même si celle-ci est morte au moment où l'histoire se déroule, elle est très souvent évoquée. On a la sensation qu'elle est la clé de toutes les histoires que ravivent le retour de Célia et de sa mère. Sa mère justement. Elle est, je crois, le dernier personnage que je peux évoquer ici sans risque de spolier l'histoire. Egocentrique, extravagante, elle est l'exemple même de ce que peut provoquer la célébrité. Romancière à succès en panne d'écriture, c'est elle aussi un personnage qu'il vous faut découvrir, je le pense. Pour le reste et bien... A vous de découvrir le panel impressionnant de personnages que Stéphane Servant propose à travers son livre.

Comme indiquer dans le résumé, les deux femmes retournent dans la maison de la grand-mère de Célia, donc la mère de Catherine, perché au coeur de la montagne, dans un petit village rempli d'histoire. L'histoire de ce livre justement. Un mot me vient à l'esprit. Un son plus précisément. Wouah ! Quelle imagination ! C'est... C'est... C'est incroyable ! Je ne sais pas si j'arriverais à trouver les bons mots pour décrire ce que Stéphane Servant a réussi à faire avec ce livre. Tout d'abord, cette histoire est un subtile mélange entre la réalité et le fantastique. Je crois que beaucoup seront du même avis que moi quand j'affirme que j'ai souvent eu énormément de mal à démêler la réalité de la fiction. C'est sûrement la première fois que je lis un bouquin capable de combiné aussi finement deux genres qui sont totalement opposés, à savoir le fantastique au récit de vie. Le romancier mélange également le passé et le présent. Il nous propose beaucoup de flash-backs du passé, à l'époque de l'après-guerre et de la grand-mère de Célia. L'intrigue est rudement bien mené. L'auteur nous laisse dans le flou durant quasiment tout la durée de l'histoire, ne nous offrant que quelques éléments de réponses à nos questions, qui en occasionnent souvent de nouvelles pour le lecteur. On cherche à en savoir toujours plus. De nouvelles révélations, toujours plus importantes et surprenantes les unes que les autres, plongent le lecteur dans une addiction sans fin pour le roman. Il me fallait à tout prix toujours en savoir plus ! L'auteur sait parfaitement bien arrêter ses chapitres au bon moment, laissant le lecteur sur sa fin. Une histoire parfaite je vous dis, de laquelle je ne veux révéler aucun éléments, pour que la surprise vous soit totale lors de votre propre lecture ! Là encore, pour ceux ayant déjà découvert ce bouquin, je vous propose d'en discuter en commentaire car je crois que chacun peut interpréter sa lecture à sa manière, en fonction de ce qu'il a ressenti et de la situation dans laquelle il a lu Le Coeur des Louves, un peu à la manière du Petit Prince. Je serais heureux de croiser ces différentes versions de compréhension avec vous.

Pour finir, parlons écriture. L'écriture de Stéphane Servant m'avait déjà convaincu dans Guadalquivir, mais là... Wouah ! encore une fois. Les comparaisons, les métaphores et autres figures de styles pleuvent durant toute la durée du roman. Le lecteur est emporté dans l'univers envoûtant de ce petit village. Une atmosphère se dégage de ce livre, qui fait que lorsque l'on s'arrête de le lire, il faut en émerger comme d'un long sommeil. Après une telle découverte, je peux vous affirmer que je compte bien lire d'autres livres de Stéphane Servant à l'avenir, je pense notamment à La Langue des Bêtes.

Je crois que je viens de lire l'un de mes plus gros coup de coeur de cette année ! Bravo au Rouergue et à Stéphane Servant pour cette pépite ! A lire de toute urgence !

lundi 6 février 2017

Samedi 14 Novembre de Vincent Villeminot

Auteur : Vincent Villeminot


Maison d'édition : Sarbacane


Collection : Exprim'


Nombre de pages : 216 pages


Année de sortie : 2016




Résumé de l'éditeur : B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer.

Le lendemain, en quittant l'hôpital, il croise un homme dans le métro... Il le reconnaît : c'est l'un d'eux.

Alors, sans avoir décidé ce qu'il va faire, il le suit.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi (et m'excuse encore du retard...) !

J'ai longtemps attendu ce livre. J'ai regardé les différentes publications de Vincent Villeminot sur sa page Facebook concernant ce roman. J'ai même été jusqu'à demander la date de sortie deux mois avant pour être sûr de ne rien louper. Il est sorti. Je l'ai demandé. Je l'ai reçu. Puis cette mauvaise période est arrivée... J'ai mûrement réfléchis à cette chronique, car ce livre est un véritable OVNI comme Sarbacane et la collection Exprim' sait si bien en faire. Je l'ai recommencé deux fois. Je n'avais auparavant pas l'impression que je lui donnais l'importance qu'il méritait. Il m'a obnubilé, pendant comme après ma lecture.

Commentaire : Vincent Villeminot nous plonge directement au coeur de cette barbarie qui a touché la France ce 13 novembre 2015. B. était en terrasse à ce moment-là. Il les as vu, les terroristes, commettre ces actes immondes. Le lendemain, en sortant de l'hôpital, il croise l'un d'eux. Sans vraiment y réfléchir, il décide instinctivement de le suivre.

B. est le reflet de ces victimes survivantes du drame. On ressent bien, même si le récit est à la troisième personne, toute la détresse, la tristesse et l'incompréhension qui l'ont envahi quelques minutes après les événements. Mais Samedi 14, c'est l'après. Que va-t-il se passer quand le chemin de B. croisera celui de l'un d'entre eux ? Comment se relever quand la barbarie et le terrorisme nous ont retiré l'un des nôtres ?  Avec cette oeuvre, Vinent Villeminot nous plonge dans la tête d'une victime directe des attentats du 13 novembre, entre le réel et la fiction. On voit la bascule de B. dans la haine, une haine qui pourrait le rendre comme ces terroristes, tout aussi inhumains et barbares qu'eux. C'est là tout la complexité du roman, et plus généralement de ce processus pour les victimes. Comment se relever sans basculer ?

C'est une histoire percutante, pleines d'émotions que celle proposée par Vincent Villeminot. La violence est omniprésente, l'auteur créer et gère à la perfection la tension créée par cette situation. J'avais l'habitude de lire Vincent Villeminot dans le domaine de la science-fiction (U4 Stéphane) ou dans celui du thriller (Réseau(x)). Il prouve encore une fois qu'il sait écrire dans plusieurs genres avec Samedi 14 novembre. Cette histoire percute le lecteur de plein fouet, de part les émotions ressenties et (parfois) de la dureté des scènes. Une chose est sûre: c'est une lecture marquante, en tout point. Elle interpelle, nous pose des questions comme je l'ai dit plus haut, elle laisse une trace en nous. Pour longtemps.

L'un des points où Vincent Villeminot à fait très fort avec ce livre, c'est l'écriture. En effet, et tous les lecteurs de ce livre pourront sans doute le confirmer, il est terriblement, désespérément, vraiment addictif. Samedi 14 est découpé en 5 actes, tous constitués de "chapitres" si je puis nommer cela ainsi. Ce roman se lit très vite. La plume de l'auteur nous percute de plein fouet. Il sait nous faire ressentir des tas d'émotions différentes en seulement quelques phrases. Même durant les scènes plus dures et violentes, Vincent Villeminot sait trouver les mots justes. Je crois que beaucoup seront avec moi pour dire que l'acte V, entièrement écrit au futur, est incroyable.

En bref, Samedi 14 novembre est un gros coup de coeur pour ma part. A travers cette histoire qui relate pourtant d'horribles événements, Vincent Villeminot a tout de même su faire naître l'espoir chez ses personnages comme chez ses lecteurs. Remplis d'émotions, ce livre est à mettre dans les mains de tous les adolescents et des adultes.

dimanche 22 janvier 2017

Dylan Dubois de Martine Pouchain

Auteur : Martine Pouchain


Maison d'édition : Sarbacane


Collection : Exprim'


Nombre de pages : 280 pages


Année de sortie : 2015




Résumé : Après un an en foyer, Dylan, 16 ans, rentre chez son père. Là-bas, une surprise de taille l'attend. Son père a remplacé sa mère, partie trois ans plus tôt. Elle s'appelle Cynthia, elle est machiavélique. Véritable manipulatrice, elle divise et démolit tout sur son passage. Alors Dylan, en compagnie de son chien Rusty, s'en va.

Introduction : Quand ce livre est sorti, en novembre 2015, j'ai longtemps hésité à le lire. J'ai lu beaucoup de retours positifs à son sujet. Le titre m'intriguait, autant que la couverture. Mais non. Je n'ai pas pris le risque de le prendre, d'y poser mes yeux, de dévorer une oeuvre qui avait pourtant tout pour me plaire. Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir pris ce risque. Parce que je suis là face à un coup de coeur. Un gros coup de coeur.

Commentaire : Ce coup de coeur est très grandement dû à ce personnage qu'est Dylan. C'est sans aucun doute le personnage le plus fouillé, le plus sincère, le plus réel que j'ai jamais croisé depuis que j'ai commencé à lire régulièrement, il y a de cela deux ans. Je me suis identifié à lui de bout en bout, sur bien des points. Je trouve qu'il a un état d'esprit à la fois très proche et très éloigné du mien. C'est quelqu'un qui porte très peu d'attention aux regards des autres, une qualité sans prix. Il est très calme et ne se plaint presque jamais. Il aime par-dessus tout marcher, car comme il le dit lui-même, "marcher permet de se connaître". Très simple et complexe à la fois, Dylan est sans aucun doute mon personnage préféré, tous romans confondus. Il a laissé une marque indélébile en moi. Je l'admire énormément. Merci à Martine Pouchain pour la découverte de ce personnage terriblement réaliste, dont le lecteur se souviendra longtemps après lecture.

On ne peut qu'apprécier cet adolescent, victime d'une belle mère manipulatrice, qui démolie tout sur son passage. Ce n'est pourtant pas faute de patience, puisqu'il faut attendre une bonne moitié du livre avant que Dylan ne prenne cette décision radicale de la fugue. Une fugue qui l’amènera à croiser le chemin de personnages hauts en couleurs. Une fugue qui lui permettra de se construire, de se découvrir aussi, sans aucun doute. Une fugue salvatrice. On croise avec Dylan des gens, galerie hétérogène de personnages souvent abimés par la vie, on partage des bouts de leur vie, on les aide, parfois, il nous aide, souvent. On fait naitre l'espoir chez eux, parfois, il nous aide à avancer, toujours.
Martine Pouchain nous place dans la tête de Dylan avec justesse et réalisme. La plume de l'auteure est simple, claire, on aime. J'espère découvrir d'autres romans de cette romancière.

Je vous recommande vivement cette lecture, qui ne vous laissera pas indifférent !

vendredi 4 novembre 2016

Les Belles Vies de Benoît Minville, la critique

Auteur : Benoît Minville

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 272 pages

Année de sortie : 2016


Résumé : Vasco et Djib sont inséparables depuis leur plus tendre enfance. Le premier vient de terminer sa première de CFA, le second en première S. Malheureusement, leur dernière rixe est celle de trop. Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leur parent prennent la décision de les envoyer au cœur de la campagne, dans la Nièvre, dans une famille d'accueil pour la DDASS. C'est le début d'un été inoubliable, rempli d'émotions et de superbes rencontres...

Introduction : Un livre flamboyant, qui donne le sourire et rend heureux quiconque le lira...

Commentaire : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi ainsi que Mathilde du blog Books & Boom. Vous pouvez retrouver sa chronique ici.

Je n'ai encore jamais lu de Benoît Minville (honte à moi) même si les Géants me tente énormément. Après plus deux ans sans nouvelle parution chez Sarbacane, et un passage dans la collection Série Noire de Gallimard avec Rural Noir, l'auteur revient avec un double actualité Pépix-Exprim' au mois d'octobre. Il nous offre avec Les Belles Vies un grand roman, l'un des meilleurs de cette année, sans aucun doute.

L'histoire nous mène donc à la rencontre de Djib et Vasco. Amis depuis le berceau, inséparables même dans les pires situations, les deux adolescents ne savent pas encore qu'ils vont vivre le plus bel été de leur vie suite à leur dernier écart de conduite.. Ce sont deux personnages qui m'ont énormément touché. Je ne m'attendais pas à me sentir si proche de ses deux jeunes un peu paumés dans la campagne nivernaise. J'ai adoré suivre leurs péripéties, je me suis vraiment identifié à eux tout au long de l'histoire. A travers ses deux personnages principaux, Benoît Minville dresse un portrait juste et fidèle de la jeunesse des cités. On voit ces deux banlieusards, habitués à passer leur week-ends à glander sur un banc, totalement perdus face à la campagne qui s'offre à eux le temps d'un été. Là-bas, auprès de Tata et Tonton, ils découvriront la vie, d'une certaine façon. Ils grandiront aussi, aussi bien physiquement que mentalement.

Dans la Nièvre, on découvre les enfants élevés par Tata. Et là encore, c'est une merveilleuse palette de personnages que nous offre l'auteur. Une bande de jeunes hauts en couleur, forts en caractère, avec des vies très différentes les unes des autres. J'ai adoré ce petit groupe, auquel le lecteur fait parti intégrante durant sa lecture, le temps d'un été. On s'attache à chacun d'entre eux, on les accepte comme ils sont. Ils deviennent nos amis, on est triste quand ils sont tristes, on rit quand ils rient... On passe par toute sorte d'émotions, et ce durant un été de 272 pages.

Le romancier nous emporte donc dans la Nièvre, la campagne, la France profonde dont on parle peu en littérature. Un petit coins de paradis, où il fait bon vivre, avec ses petits villages chaleureux, sa rivière où on passe chacune de nos après-midis, ses prés couleur soleil... Benoît Minville nous fait vivre le quotidien de Vasco, de Djib et des autres enfants. Un quotidien rythmé par les balades, les baignades, les parties de foot... Le lecteur est littéralement transporté dans cette campagne qui prend des allures d'oasis paradisiaque. Cette lecture est une véritable bouffée d'air. Les Belles Vies est un livre qui fait du bien, que j'avais énormément envie de retrouver chaque soir pour en dévorer quelques chapitres. On prend le temps de savourer cette belle aventure, cet été ensoleillé, qui nous fait sourire, parfois même rire aux éclats. Ce dépaysement total touche aussi bien le lecteur que Djib et Vasco. On aimerait rester là-bas, avec Tonton, Tata, et les autres. On est triste de quitter cet univers, on relit les dernières pages plusieurs, dans l'espoir de retourner dans cette campagne qui apaise. Après notre lecture, on a juste une envie : passer des vacances dans la Nièvre. Essayer de trouver cette famille d'accueil, ce petit hameau de village. Les Belles Vies... Un titre juste pour un roman merveilleux.

L'auteur écrit parfois finement, parfois d'une écriture plus fracassante. Il aborde des thèmes parfois très durs, comme le racisme, les relations familiales... On retient de belles citations, on voit à ses descriptions que le romancier est déjà venu dans la Nièvre. C'est si juste, si réel.

Merci monsieur Minville, pour ce superbe moment de lecture. Les Belles Vies est un livre qui apaise, à mettre dans les mains de n’importe qui recherchant une histoire drôle, parfois plus émouvante, qui donne du baume au cœur. Splendide coup de cœur pour ma part, et je suis sûr que c'est le cas de beaucoup d'autres lecteurs.

mercredi 26 octobre 2016

Tant que nous sommes vivants d'Anne-Laure Bondoux, la critique

Auteur : Anne-Laure Bondoux

Maison d'édition : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 298 pages

Année de sortie : 2014


Résumé de l'éditeur : Bo et Hama travaillent dans la même usine. Elle est ouvrière de jour, lui, forgeron la nuit. Dès le premier regard, ils tombent follement amoureux. Un matin, une catastrophe survient et ils doivent fuir la ville dévastée. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers les territoires inconnus... Mais quand l'ombre a pris la place de la lumière, l'amour suffit-il à nous garder vivants?

Introduction : Un petit bijoux, un livre bouleversant, une pépite...

Commentaire : Vous savez, il existe des romans, non des petits joyaux, qui vous retournent, qui vous hantent, dont vous refaites les histoires des dizaines de fois, parfois en modifiant certains passages ou certains personnages. Vous vous imaginez à leurs côtés, en train de vivre ces folles aventures, en quête de quelqu'un, de quelque chose ou tout simplement de soi-même. A chaque fois que vous en relisez un passage de ces livres, votre corps est parcouru de frissons et votre esprit est embrumé par les lignes qui défilent sous vos yeux ébahis. Vous ne voyez pas ? Mais si... Vous savez, les premiers mots, les premières lignes de ces bijoux vous transportent vers un autre monde, vous n’êtes dès lors plus vraiment vous-même, et vous n’êtes plus vraiment en train de lire un livre non plus. Vous le vivez. Il vous faut d'ailleurs plusieurs dizaine de minutes parfois pour émerger et revenir à la réalité, dans un grand soupir. Vous n'attendez qu'une chose, revenir à votre lecture et repasser de l'autre côté, si je puis dire. Chaque détails de la vie réelle vous rappelle votre lecture en cours, et vous n'avez alors qu'une envie : retrouver les pages de votre bouquin. Voyez-vous ce que je veux dire ? Oui ? Alors, c'est bon, nous pouvons commencer.

On a souvent des coups de coeurs, mais souvent des petits, que l'on trouve géniaux sur l'instant. Et il y en a, beaucoup plus rares, qui vous restent en tête, parfois pendant plusieurs années. Tant que nous sommes vivants est de ceux-là. Je me demande encore pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de le lire, d'ailleurs.

Pourtant, je n'en suis pas à mon coup d'essai avec Anne-Laure Bondoux. J'ai déjà lu, il y a un petit bout de temps déjà, La vie comme elle vient et Pépites. J'avais accordé le coup de coeur à Pépites, qui m'avait déjà énormément plu à l'époque, mais rien de comparable. Comment ressortir d'une lecture pareil ? Peut-être avec un autre roman d'Anne-Laure Bondoux, sûrement même.

Bo et Hama. Deux personnages touchants, émouvants, merveilleux, qui m'ont fait passer par un tas d'émotions différentes. Bo. Le forgeron à la carrure impressionnante, le coeur sur la main et fou amoureux d'Hama. Hama. La jeune femme timide, belle, gracieuse, dévouée à Bo. Un couple superbe, qui m'a ému autant qu'il m'a fait rire. Je me suis d'ailleurs surpris à constater les dires de Clémentine Beauvais (Songe à la douceur, un autre de ces romans d'exception) sur le couple que forment les deux ouvriers. J'aurais adoré rencontré ces deux personnes merveilleuses en réalité. Il m'arrive d'ailleurs de rêver de cette rencontre la nuit. C'est vous dire si ce roman m'a marqué au fer rouge. Bien évidemment, il n'y a pas qu'eux. Mais citer et vous parler des autres seraient vous spoliiez. Je vous laisse la surprise, elle sera belle, croyez-moi.

L'histoire. Très émouvante elle-aussi. Elle prend d'ailleurs un tournant auquel je ne m'attendais pas du tout, mais qui m'a agréablement surpris, encore une fois. Beaucoup de rebondissements, toujours dans cette atmosphère à la fois sombre et très poétique qu'Anne-Laure Bondoux se plaît à entretenir durant toute la durée de son livre. On appréciera notamment ce mélange aventure-amour. On se plaît à suivre Bo et Hama dans leurs relations, puis dans leur fuite. Je ne vous cache pas ma surprise (encore une !) lorsque j'ai découvert le narrateur, qui parlait à la première personne, mais qui n'était ni Bo, ni Hama. La chute, superbe, toute en finesse, conclue ce roman maîtrisé de bout en bout, sans aucun moment en-dessous du reste.

Cette atmosphère, dont je vous parlais plus haut, donne lieu à des citations superbes, que je relis souvent. L'écriture fine, ponctuée par moment de métaphores, démontre encore une fois le talent d'Anne-Laure Bondoux, qui rentre définitivement dans le cercle de mes auteurs favoris. Elle saisi le lecteur au tripes dés les premières lignes de son histoire, pour ne plus jamais le lâcher, jusqu'au dernier point. Merci pour ce moment passé en compagnie de Bo et d'Hama.

C'est un sans-faute (le deuxième en deux semaines ! C'est rare des lectures qui vous habitent comme celle-ci, le dernier gros coup de coeur auquel je repense encore souvent était Dans le Désordre, il m'arrive parfois de ressasser Charlotte ou le tome 1 des Outrepasseurs) pour moi. Aussi bien du côté des personnages émouvants, que de l'histoire riche en rebondissements ou de l'écriture riche en métaphore et en citation. L'atmosphère qui se dégage de ce bouquin est vraiment incroyable. Rajoutez à cela la couverture superbe, et vous obtenez cette oeuvre, à lire de tout urgence !


Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, la critique

Auteur : Clémentine Beauvais

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 240 pages

Année de sortie : 2016


Résumé : Eugène et Tatiana se rencontrent lorsqu'elle a 14 ans. Il en a 17. Alors, pendant que son ami est entrain de compter fleurette à la grande soeur de Tatiana, Olga, il lui parle. Et elle tombe éperdument amoureuse de lui. Mais il la repousse, pour de mauvaises raisons. Ils se retrouvent 10 ans plus tard. Tout a changé. Tatiana s'est affirmée, elle a mûri. Eugène s’aperçoit qu'il ne peut vivre loin d'elle. Mais veut-elle encore de lui ?

Introduction : Un petit bijoux, un ovni littéraire, un roman que vous devez AB-SO-LU-MENT lire...

Commentaire : Je tiens tout d'abord à faire un ENORME merci aux éditions Sarbacane pour cet envoi !

Clémentine Beauvais s'est imposée comme une auteure incontournable des éditions Sarbacane et du genre Young-Adult. Tout le monde a lu Les petites reines. Sauf moi. Oui. Vous ne rêvez pas. Je n'ai jamais lu un seul roman de Clémentine Beauvais avant Songe à la Douceur. Et je regrette énormément.

Songe à la douceur est inspiré du classique de la littérature russe Eugène Onéguine, et donc écrit en vers libre pour en garder toute la poésie. Avec ce roman, l'auteure nous emmène à la rencontre de Tatiana et Eugène, dans deux périodes de leur vie différente : l'adolescence et l'âge adulte. On peut donc avoir deux points de vues différents émanant du même personnage. A 17 ans, Eugène est plutôt despotique, calme, et n'a aucun projet d'avenir. Tatiana, 14 ans, joyeuse et rêveuse, aime lire et croit encore au prince charmant. Rien ne les prédestine à se croiser. Pourtant, leur chemin les amène à se voir et à se parler. Ils se revoient, dix ans plus tard. Eugène s'est ennuyé pendant dix ans. Lorsqu'il revoit Tatiana, il découvre qu'il ne peut se passer d'elle. Elle, eh bien elle ne sait pas trop. Elle s'est affirmée, ce n'est plus la jeune fille fragile de 14 ans, c'est sûr. Ces deux personnages sont... sont... j'en perd mes mots. Véritablement opposés, il apprennent peu à peu la vie, ses différents aspects, murissent, grandissent, et comprennent qu'ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Ils m'ont beaucoup touché. On apprend peu à peu à les connaître, à les comprendre. J'aime leur façon de penser, je m'y suis retrouvé à certains moments. J'aurais donné cher, très cher pour les rencontrer, leur parler. Parce que je les aime. Oui je les aime. Malgré leurs défauts, malgré certaines décisions qu'ils ont pu prendre, je les aime. Et cette affection que je leur porte ne décroisse pas, bien au contraire. Plus j'y repense, plus je les aime.

L'histoire. Quelle histoire ! Une histoire d'amour complexe, qui se passe sur deux périodes tout à fait différentes. Une histoire d'amour terriblement... réelle. On y retrouve tous les éléments d'une histoire d'amour réelle. Ces petites mimiques, ces petits défis que l'on se lance quand on parle par le biais de message et de skype. L'évolution des sentiments d'Eugène et Tatiana sont décrits à merveille tout au long du livre. C'est beau, tout en finesse, on a parfois envie de secouer les deux personnes pour leur crier d'avouer qu'ils s'aiment, parce que c'est réciproque. C'est un sans-faute. Clémentine Beauvais écrit un splendide sans faute, pas une fausse note. Tout sonne vrai. Et le lecteur aime. Il tombe peu à peu amoureux de l'histoire d'amour vécu par deux personnes qu'il aime déjà. C'est un concentré pur d'amour et d'émotions en tout genre. On ne peut qu'apprécier. Lisez-le. Absolument.

L'écriture. Troisième mélodie, après les personnages et l'histoire, et là aussi c'est un sans faute. Les mots sont choisis avec soins, le vocabulaire est très riche et varié (j'ai d'ailleurs du aller chercher plus d'une fois la définition d'un mot dans le dictionnaire), le tout est piqué de citations splendides, de métaphores et autres figures de styles. Les vers libres rajoutent du rythme à l'histoire, rendant le lecteur littéralement addictif à ce qu'il lit. Je n'aurais pas vu le livre autrement que peupler de vers libres.

Je ne pouvais finir cette chronique sans vous dire que, à l'imagine de ce coup de coeur incroyable, les éditions Sarbacane et la collection Exprim' sont remplies de ces petits trésors. Que ce soit ce livre, Dysfonctionelle ou Dans le Désordre, il mérite tous le détour. C'est un vrai bonheur d'être partenaire avec eux. Je voulais les remercier pour cette aventure géniale que j'ai le privilège de vivre avec eux.

Je ne sais pas si on peut ressentir à travers les lignes de ma chronique mon émotion, mais je peux vous assurer qu'elle est très présente à l'heure où j'écris cette critique. J'espère qu'elle sera à la hauteur de ce superbe roman et qu'elle saura vous convaincre car il faut le lire. Que vous ayez 13 ou 93 ans, lisez-le. C'est tout simplement merveilleux. On en ressort ébahi. Clémentine Beauvais à frapper un très grand coup avec ce livre. Que ce soit au niveau des personnages, de l'histoire ou de l'écriture, il n'y a absolument rien à jeter de cette lecture. C'est fin, c'est beau. Le 24 aout, jetez-vous dessus sans aucune hésitation. Il ne vous décevra pas. J'en suis certain. Je n'ai que deux envies à présent : me jeter sur les petites reines, et lire Eugène Onéguine.