La Lanskindavie est dominée par une ville absolument incroyable : Romulonek. On pourrait toutefois considérer cette ville comme une cité-état indépendante du reste du territoire. En effet, elle possède ses propres lois et son propre roi. Cette ville extraordinaire, au pouvoir sans limite, grignote un peu plus chaque jour du territoire, véritable fléau pour les paysans contraints de donner leur terre. Romulonek étend ses tentacules, et rien ni personne ne peut l'en empêcher. A la tête de cette cité-état se situe Numinitor, premier du nom. Personnage excentrique, sans pitié, égoïste, qui fait le bonheur de ses sujets mais le malheur du peuple extérieur à Romulonek. Cet homme, arrivé au pouvoir il y a quinze ans, a modelé la ville à son image. Constitué en rond, chaque "niveau" est séparé par des remparts haut de quinze mètres. Au niveau un, qui correspond au centre de la ville, se situe le château, un gigantesque bâtiment grand comme trois fois Lancaguicouar. C'est ici que réside Numinitor. Depuis son arrivée au pouvoir, il a fait bâtir quatorze autres niveaux, du plus riche au plus pauvre. Romulonek est terriblement difficile d'accès et très peu ouvert au monde extérieur. Il faut passer une batterie de questions et d'examens avant de pouvoir y entrer, et aucun sujet ne dépasse le niveau 4, sous peine d'être fusillé sur le champ.
Numinitor est un homme libertin, père de beaucoup d'enfants qu'il ne reconnait pas. Le seul qu'il a accepté de voir et d'adopter en tant qu'héritier se nomme Trajus. La mère de l'enfant ? Dès qu'on parle d'elle à Numinitor, il s'énerve, frappe, gueule. Pourquoi ? Eh bien...
Mauricia est un belle jeune fille de vingt, intelligente et cultivée. Quand Numinitor la croise au détour d'un chemin lors d'une de ses sorties couvertes, pour observer ce que ses sujets disent de lui, il s'arrange directement pour la mettre dans son lit. Malheureusement pour lui, elle tombe enceinte et le roi est obligé de la garder au château, alors que c'est une habitante du niveau quatre ! En d'autres mots, une petite noble, à peine considérée par la société. Après son accouchement, elle réussit à convaincre Numinitor d'adopter l'enfant à coup de regard doux et de le présenter officiellement à tout Romulonek. Malheureusement, au cours du voyage que Mauricia effectua pour annoncer la grande nouvelle, elle se fit prendre en train d'essayer de franchir le mur finale avant le château sans avoir effectué aucun contrôle. Un tir. Pleine tête. Une reine morte avant d'être couronnée. Numinitor, quand il l'apprit le lendemain, dut se le faire répéter des dizaines de fois. Elle est bien morte hier. Après cela, Numinitor se mura dans le silence absolu, et sa violence et son désir de conquête ne firent que s'accroitre depuis ce jour. Aujourd'hui, Numinitor refuse toujours de voir Trajus. Ce dernier vît comme un pauvre paysan au coeur de Lancaguicouar, la ville rivale de Romulonek, et ce depuis la nuit des temps.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Ghislaine. La phrase a placée était : elle est bien morte hier.
mardi 1 novembre 2016
Le défi d'écriture d'Evy : La mer
Bruno avance seul, perçant le ciel encore rouge de ce début de journée. Il avance seul, funambule en équilibre au bord des falaises de calcaire. Une fine pluie lui brouille la vue, se mêlant à ses larmes muettes. Il s'arrête, de temps à autre, et contemple l’étendue d'eau houleuse en ce matin de septembre. Puis il repart, et continue sa marche, sans but. Finalement, il arrive en haut des marches qui s'enfoncent en flan de falaise. Bruno commencent à les dévaler, de plus en plus rapidement, comme attiré par la plage de sable, récompense promise de cette pénible descente. Il s'arrête sur la dernière marche, prenant le temps d'admirer le paysage féérique qui s'offre à son regard. Comme tout droit sorti d'un conte de fée, la plage rayonnante, l'eau aux éclats argentés, lui tendent les bras. Chacun devrait avoir la chance d'avoir une telle vision un jour se dit-il en se déchaussant. Une fois les pieds dans l'eau, il se sent empli de bonheur, d'une joie intense qui irradie chacun de ses membres. Dans un soupir, il lâche prise, et chute dans l'eau glacée. Noir. Bruno se réveille en sursaut.
Ce texte a été écrit pour le défi d'écriture d'Evy. Le thème était : la mer.
Ce texte a été écrit pour le défi d'écriture d'Evy. Le thème était : la mer.
L'atelier d'écriture n°233 : Montigome au cachot
Cher lecteur
Au moment où tu liras cette lettre, je serais sorti d'ici, peut-être mort. Pour tout t'avouer, je me demande encore par quel miracle j'ai obtenu du papier. Peut-être un peu de pitié des domestiques, sûrement même. Pour te restituer un peu le contexte, ça fait aujourd'hui 244 jours que je suis enfermé dans c'te cachot moisi. 244 putain de jours avec une fenêtre, des rats et des araignées. La seule touche de fantaisie ici sont les statues sculptées dans la pierre d'une colonne. Sinon, c'est vide. Si vide que quand je parle, ma voix me revient en écho. A vrai dire, je ne sais pas trop ce que j'ai fait pour mériter un tel traitement…Fin si, on me l'a expliqué vite fait avant de me faire rentrer ici. Quelle histoire ! Tu veux que je te la racontes ? Ah j'suis bête, tu peux pas me répondre... Qui ne répond pas consent pas vrai ? Et puis qu'ai-je de mieux à faire à part compter les cafards ? Rien. Figure-toi, cher lecteur, que moi, Montigome, au service de sa majesté depuis presque 10 ans, a été accusé de trahison envers sa majesté, simplement parce que j'ai entendu parler par la bouche du noble Nemanek de ce soi-disant Monde Souterrain. Bon, il est vrai que j'ai pu laisser traîner mes oreilles derrière certaines portes, c'est d'ailleurs derrière l'une d'elle que l'on ma découvert... Du coup bah... Enfermement direct et définitif. Les premiers jours ont été difficiles tu sais. J'ai passé les 15 premiers a essayé de trouver un endroit où dormir correctement, puis j'ai abandonné, le mieux est encore de pioncer debout... Puis il faut tuer le temps... Je regarde par la fenêtre, je joue avec mes doigts, invente des histoires... Je peux te garantir, cher lecteur, que j'ai fantasmé sur ce Monde Souterrain. Si on m'enferme juste parce que j'ai entendu quelques bribes à son sujet, c'est qu'il doit être incroyable, tu ne crois pas ? Un trésor, où je ne sais quelle autre richesse doit s'y cacher ! Eh oui, il a de la jugeote le Montigome ! Bon je n'ai pas grand chose à rajouter, cher lecteur, j'espère que je pourrais écrire d'autres lettres, ça me décontracte ! Je cacherais les papiers dans un trou, sous la fenêtre.
Merci de m'avoir lu,
A bientôt, je l'espère,
Montigome
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par elle-même.
Au moment où tu liras cette lettre, je serais sorti d'ici, peut-être mort. Pour tout t'avouer, je me demande encore par quel miracle j'ai obtenu du papier. Peut-être un peu de pitié des domestiques, sûrement même. Pour te restituer un peu le contexte, ça fait aujourd'hui 244 jours que je suis enfermé dans c'te cachot moisi. 244 putain de jours avec une fenêtre, des rats et des araignées. La seule touche de fantaisie ici sont les statues sculptées dans la pierre d'une colonne. Sinon, c'est vide. Si vide que quand je parle, ma voix me revient en écho. A vrai dire, je ne sais pas trop ce que j'ai fait pour mériter un tel traitement…Fin si, on me l'a expliqué vite fait avant de me faire rentrer ici. Quelle histoire ! Tu veux que je te la racontes ? Ah j'suis bête, tu peux pas me répondre... Qui ne répond pas consent pas vrai ? Et puis qu'ai-je de mieux à faire à part compter les cafards ? Rien. Figure-toi, cher lecteur, que moi, Montigome, au service de sa majesté depuis presque 10 ans, a été accusé de trahison envers sa majesté, simplement parce que j'ai entendu parler par la bouche du noble Nemanek de ce soi-disant Monde Souterrain. Bon, il est vrai que j'ai pu laisser traîner mes oreilles derrière certaines portes, c'est d'ailleurs derrière l'une d'elle que l'on ma découvert... Du coup bah... Enfermement direct et définitif. Les premiers jours ont été difficiles tu sais. J'ai passé les 15 premiers a essayé de trouver un endroit où dormir correctement, puis j'ai abandonné, le mieux est encore de pioncer debout... Puis il faut tuer le temps... Je regarde par la fenêtre, je joue avec mes doigts, invente des histoires... Je peux te garantir, cher lecteur, que j'ai fantasmé sur ce Monde Souterrain. Si on m'enferme juste parce que j'ai entendu quelques bribes à son sujet, c'est qu'il doit être incroyable, tu ne crois pas ? Un trésor, où je ne sais quelle autre richesse doit s'y cacher ! Eh oui, il a de la jugeote le Montigome ! Bon je n'ai pas grand chose à rajouter, cher lecteur, j'espère que je pourrais écrire d'autres lettres, ça me décontracte ! Je cacherais les papiers dans un trou, sous la fenêtre.
Merci de m'avoir lu,
A bientôt, je l'espère,
Montigome
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par elle-même.
L'atelier d'écriture de Ghislaine : Une légende...
En des temps anciens, au-delà des limites du monde connu, se situait une terre tout à fait fantastique : La Lanskindavie. La Lanskindavie était simplement vétu. Entouré d'une barrière de montagnes et de forêt, l'accès à la mer était compliqué, et l'essentiel de la population se concentrait en différents points, dans différentes vallées, certaines moins hostiles que d'autres... L'histoire que je vais vous conter se passe à Lancaguicouar, une petite ville, seule accès à la mer pour tout le continent. La vie là-bas est paisible, et l'essentiel des activités se concentre autour de la pêche. Les chemins pour se rendre dans cette région sont escarpés, tortueux et dangereux, si bien que seuls les personnes possédant un passe de la cour sont autorisés à faire le chemin. Une fois par an, les principaux marchands quittent la ville pour aller vendre le poisson un peu partout dans tout le pays. C'est à cette période de l'année, quand le soleil éclaire jusque tard dans la nuit, qu'Etsel, jeune homme bien bâti, s'aventure pour la première fois sur la Montagne, qui constitue la frontière sud de la ville. Il n'existe aucune route tracée pour s'y rendre, alors Etsel grimpe, escalade, rampe parfois, pour accéder au sommet. On raconte beaucoup de légende sur ce massif, où se cacheraient les créatures les plus ignobles et les plus invraisemblables que l'on puisse imaginer. Le soleil est déjà bas dans le ciel bleu lorsqu’il parvient tout en haut. De là, il observe la ville, en profite pour parler, crier, cracher sur le dos de tout ceux qui lui ont fait tant peur, étant gosse. Seul l'écho lui répond. Il aime se sentir supérieur, alors il bombe le torse avant de dire "Je vais leur montrer moi, à toutes ces charognes, qui est la vrai terreur de la Montagne". Il se dirige d'un pas décidé vers une galerie creusée dans un rocher, surplombant Etsel de toute sa superbe. Ce dernier s'y engouffre.
Il fait noir, terriblement noir, heureusement, le jeune homme a pensé à prendre une boîte d'allumettes, qu'il s'empresse d'utiliser. La grotte est petite, humide, lisse. Etsel progresse sans difficulté. Il sent bientôt que le sol descend, et il arrive finalement dans une grande salle circulaire, vide. Mais il n’a pas le temps de la contempler plus longtemps, puisque la créature la plus ignoble qu'il n'ait jamais vue se tient en son centre. Petit, des oreilles énormes, des dents tranchantes, un cou démesuré posé sur un corps au pelage brun fourni. Mais ce qui terrifie le plus Etsel en cet instant sont les yeux totalement noirs, perçants, de la créature.
- Qui va la ? Demande la bestiole d'une voix forte.
Etsel prend une grande respiration avant de répondre d'une petite voix :
- Je-Je suis un homme de la ville, je viens ici pour... pour...
- Je vais te poser une question simple, très simple, tu auras dix secondes pour répondre, si ta réponse est fausse, je te tue, si elle juste, je te laisse vivre et dépasser cette salle, Est-ce clair ?
Etsel lâche la boîte d'allumette. Le noir complet. Il déglutit avant de s'entendre répondre un simple "Oui".
-Quel est la couleur de mes yeux ? tonna alors la bête.
- Noir répondit sans hésitation Etsel.
Il ne voit pas arriver la bête, dans le noir le plus total, mais le bruit qu'il entend durant ses derniers instants ne lui laissent pas l'ombre d'un doute sur ce qui va suivre. La bête le déchiquette tout entier, sans lui laisser le moindre espoir de survie.
A Lancaguicouar, plus personne n'eut jamais de nouvelle de Etsel, et personne ne sut ce qui lui était arrivé.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Ghislaine. Les mots à placer était : Nouvelle, Haut, écho, cour, région, laisser, vivre, entendre, parler, dire.
Il fait noir, terriblement noir, heureusement, le jeune homme a pensé à prendre une boîte d'allumettes, qu'il s'empresse d'utiliser. La grotte est petite, humide, lisse. Etsel progresse sans difficulté. Il sent bientôt que le sol descend, et il arrive finalement dans une grande salle circulaire, vide. Mais il n’a pas le temps de la contempler plus longtemps, puisque la créature la plus ignoble qu'il n'ait jamais vue se tient en son centre. Petit, des oreilles énormes, des dents tranchantes, un cou démesuré posé sur un corps au pelage brun fourni. Mais ce qui terrifie le plus Etsel en cet instant sont les yeux totalement noirs, perçants, de la créature.
- Qui va la ? Demande la bestiole d'une voix forte.
Etsel prend une grande respiration avant de répondre d'une petite voix :
- Je-Je suis un homme de la ville, je viens ici pour... pour...
- Je vais te poser une question simple, très simple, tu auras dix secondes pour répondre, si ta réponse est fausse, je te tue, si elle juste, je te laisse vivre et dépasser cette salle, Est-ce clair ?
Etsel lâche la boîte d'allumette. Le noir complet. Il déglutit avant de s'entendre répondre un simple "Oui".
-Quel est la couleur de mes yeux ? tonna alors la bête.
- Noir répondit sans hésitation Etsel.
Il ne voit pas arriver la bête, dans le noir le plus total, mais le bruit qu'il entend durant ses derniers instants ne lui laissent pas l'ombre d'un doute sur ce qui va suivre. La bête le déchiquette tout entier, sans lui laisser le moindre espoir de survie.
A Lancaguicouar, plus personne n'eut jamais de nouvelle de Etsel, et personne ne sut ce qui lui était arrivé.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Ghislaine. Les mots à placer était : Nouvelle, Haut, écho, cour, région, laisser, vivre, entendre, parler, dire.
lundi 31 octobre 2016
L'atelier d'écriture n°232 : Un monde imaginaire
Il est debout, dans le soleil rayonnant du matin. Il fait froid ici. De la neige, des températures qui ne dépassent pas les 10°C. Il observe les alentours. Impression d'être le roi de tous. Maintenant, il marche, dans la ville encore endormi. Des miroirs l'entourent, reflétant son regard d'acier, son corps fin, son visage couvert de cicatrices. Il marche, accélère, court, tombe. Noir. Stop. Verre d'eau. Reprise. Une forêt sombre s'offre à lui. Il y pénètre lentement, comme un fantôme dans la brume. Au milieu de cette forêt se trouve un lac, traversé par deux grands ponts de pierre qui se coupent. Il s'approche. Il distingue maintenant un abri fait de verre au centre de ce lac. Une femme. Vision surréaliste, beauté extravagante. Un éclat rosé orne ses joues, son regard vert émeraude le transperce de part en part. Noir. Grattement. Chatouille. Il se réveille. Entouré d'araignées au visage angélique. Contre un arbre majestueux. Il aimerait se mouvoir, rugir. Incapable de bouger. Il reste là, impuissant, à contempler ces petites bêtes qui l'observent. Mort. Absence. Cauchemar. Il n'est que poussière, fumée. Une ampoule explose devant lui. Une luciole apparaît, puis une guêpe, un corbeau et un aigle. Postés sur la même branche. L'arbre. Bucheron. Chute de l'arbre. Noir. Il est debout, face à cette fleur géante, happé par sa beauté. Il a envie de s'y frotter, de s'y blottir. il saute. Aimant. Pixel. Bleu. Vert. Rouge. Arc-en-Ciel. Noir. Arrêt sur image. Il est sur un cheval, sur un chemin qui lui paraît infini. Soudain, le cheval bifurque, saute dans l'eau glacée. Ophélie, Thorn, Fifi, Jeanne, Basile, Milos, Eugène, Tatiana. Il les voit, comme il verrait sa mère. Il tend la main. L'image se trouble, devient flou, disparaît. Noir. Un rire aigu, tonitruant. L'image se fixe sur un couple , assis, téléphone en main. Il a l'impression d'être soulevé du sol et d'être jeté dans l'un des smartphones. Un violon, deux violons. Il est la corde. Il vibre, son corps entier vibre au rythme de la musique. Il frissonne. Noir.Il ouvre les yeux, pose les mains sur son livre. Il s'est endormi. Encore une fois. Décidément, il faut vraiment qu'il pense à prendre du repos. Il réalise aussi qu'il est adossé contre un arbre, là où il vient lire d'habitude, dans cet endroit si paisible. Il se lève péniblement. Remarque un couple de personnes, assis, au loin face à leur téléphone. Sans trop savoir pourquoi, ni comment, il marche jusqu'à eux, pose le livre par terre, à leurs pieds, et s'en va, apaisé.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par (c) Romaric Cazaux
L'atelier d'écriture n°231 de Leiloona : La liberté
22h30. Mathieu sort du vieil appartement familial, la clope au bec, le regard vissé sur les pavés trempés par la bruine qui tombe depuis plusieurs jours sur la ville. Il peut enfin respirer. Le jeune homme déteste l'atmosphère qui règne dans leur habitation, mélange douceâtre d'alcool, de peinture et de bois. Ce qu'il aime lui, le fascine, le passionne, c'est la liberté. Deux mots. La liberté. Il aime ce mot, il l'écrit, le dessine, le trace, le murmure, le dit, le crie, le rugit. Trois syllabes qui le font frissonner. Comme un rêve qu'il n'aurait qu'effleuré du bout des doigts. Alors, quand tout le monde dort à poings fermés, il sort, délicatement, avec sa cigarette coincée entre les lèvres, et déambule, au hasard, se laissant guider par le dédale des rues qui s'offrent à lui. Parfois, il se perd, alors il ne rentre qu'au petit matin, exténué mais heureux. Ces escapades nocturnes sont pour Mathieu un instant de liberté pure volé à ce quotidien rythmé par les sonneries, les cours et les devoirs. Il n'a jamais eu vraiment besoin de travailler. Ses profs le qualifie de surdoué, sans qu'il sache vraiment pourquoi. Ils lui prédisent souvent un grand avenir dans des métiers comme ingénieur, technicien ou manager. Lui ce qu'il veut, c'est : voyager. Découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles terres, de nouvelles langues. Ce désire l'a toujours habité, et il sait, au fond de lui, qu'un jour il réalisera ses rêves. Personne ne les lui volera. Ce soir, ses pas l’amènent devant une grande roue. Il observe durant un moment ce grand engin lumineux et silencieux à la fois, qui tourne sur lui-même, dans une boucle infinie. Il reste là, debout, songeur, à philosopher sur la vie et ses méandres. Puis, d'un geste théâtrale, s'incline gracieusement devant cette grande Dame paisible, termine sa cigarette, et tourne les talons, en quête d'une liberté toujours plus grande...
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par elle-même.
L'atelier d'écriture n°230 de Leiloona : Une addition d'univers
Elle enfile ses ballerines rouges sang, retouche une dernière fois son chignon devant le miroir de l'entrée, puis quitte son petit appartement parisien. Quelques longues minutes plus tard, elle quitte Paris pour s'engager dans la banlieue nord. Enfin soulagée, Tatiana souffle durant un long moment. Elle n'aime pas Paris, sa pollution, ses habitants. Elle est native de la Lorraine, obligée de quitter son petit village si douillet pour s'installer ici, le temps de ses études. Alors qu'elle s'engage sur l'autoroute, elle prend le temps de remettre de l'ordre dans ses idées. Eugène, le rendez-vous, 124. Un flot de souvenirs incontrôlable se déverse en elle, entre présent et passé. Eugène. Lui, le jeune homme despotique, calme parfois hautain qui l'a fait totalement craquer dix ans en arrière, sans que cela soit réciproque... Elle n'aurait jamais cru le revoir, elle n'a pensé à lui que très brièvement ces dernières années... Et maintenant ? Est-ce qu'elle l'aime encore ? A vrai dire, elle n'en sait rien, tout est flou dans sa tête, et elle compte bien sur cette soirée pour enfin faire la lumière sur tous les sentiments contradictoires qui la traversent. Après encore une heure de route, elle se gare devant le 124, rue Jean Jaurès. Une dernière retouche maquillage et elle sort, dans un grand soupir. Elle se trouve devant une grande façade décrépie, habillée simplement de quelques fenêtres et d'une porte d'entrée sombre. Elle sonne. La porte s'ouvre dans un grincement, puis laisse place à un homme assez grand, bâti comme un armoire à glace : Eugène. Tatiana lance un "salut" timide, ce à quoi son hôte répond par un baise-main.
- Si madame veut bien me faire l'honneur d'entrer...
Puis il s'efface. La jeune femme trouve ses manières un peu exagérées. Elle le suit jusque devant une grande porte en bois, qui contraste un peu avec le reste de la maison.
- J'aimerais te faire découvrir mon univers, je pense que tu n'es pas près d'oublier cette soirée... lui murmure-t-il d'un ton mystérieux, puis il ouvre la porte. Celle-ci donne accès sur un escalier, puis sur un couloir sombre. Ils marchent à présent ensemble, côte à côte. Eugène consent alors à lui en dévoiler un peu plus sur leur destination.
- Je n'aime pas les gens qui se contentent de suivre la masse, la mode en cours. J'aime les personnes qui possèdent leurs univers, leurs styles, qui se détachent de cette masse de gens, ou devrais-je dire de clones. L'endroit où je t'emmène est le résultat de l'addition de tous ces univers.
- Quels univers ? De qui parles-tu ? Demande Tatiana qui n'est pas sûr de comprendre.
Enfin le bout du couloir se profile.
- Tu vas voir... Répond simplement le beau jeune homme dans un clin d'oeil, et il fait entrer Tatiana.... Dans l'endroit le plus fabuleux qu'elle n'est jamais vu. Une grande salle s'offre à elle, au centre trône une immense table. Derrière celle-ci se tient une cheminée, le chapeau d'Harry Potter cloué dessus. Aux murs sont accrochées des têtes d'animaux et le nom des maisons de Poudlard. Dans la cheminée grille un porc. De chaque mur partent des escaliers, des portes et des galeries. Tatiana s'approche d'une des portes, qui s'ouvre sur une gigantesque salle où sont situés des billards, des tapis de cartes, des canapés en velours, des chichas. Elle ressort à la fois choquée et heureuse d'être ici.
- Bienvenue au Clairdelune tonne Eugène, c'est ici que sont réunis tous les univers de personnages tels que J.K Rowling, Myiazaki, Junji Ito, Christelle Dabos, Pablo Picasso, Tim Burton... Cette salle en est le point central. De là partent des galeries qui elles-même donnent sur d'autres pièces. C'est une infinité de pièces plus extravagantes les unes que les autres !
Tatiana n'en revient, elle croit délirer. Ce lieux est fabuleux.
- Je vais te conduire à ta chambre
- A ma quoi ?
Sans se donner la peine de répondre, il l'invite à le suivre aux milieux de toutes ces pièces. Bientôt elle se retrouve dans un long couloir. Au milieu trône un vieil ascenseur datant du 19ème siècle. Eugène s'arrête devant l'une des portes.
- Ta chambre ! La 124, précise-t-il
Il la fait entrer dans une magnifique pièce dorée, ou sont campés un canapé, un lit, une salle d'eau... Il referme la porte derrière eux. La suite n'est pas dite dans cette histoire.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona inspiré par une photo de (c) Julien Ribot.
- Si madame veut bien me faire l'honneur d'entrer...
Puis il s'efface. La jeune femme trouve ses manières un peu exagérées. Elle le suit jusque devant une grande porte en bois, qui contraste un peu avec le reste de la maison.
- J'aimerais te faire découvrir mon univers, je pense que tu n'es pas près d'oublier cette soirée... lui murmure-t-il d'un ton mystérieux, puis il ouvre la porte. Celle-ci donne accès sur un escalier, puis sur un couloir sombre. Ils marchent à présent ensemble, côte à côte. Eugène consent alors à lui en dévoiler un peu plus sur leur destination.
- Je n'aime pas les gens qui se contentent de suivre la masse, la mode en cours. J'aime les personnes qui possèdent leurs univers, leurs styles, qui se détachent de cette masse de gens, ou devrais-je dire de clones. L'endroit où je t'emmène est le résultat de l'addition de tous ces univers.
- Quels univers ? De qui parles-tu ? Demande Tatiana qui n'est pas sûr de comprendre.
Enfin le bout du couloir se profile.
- Tu vas voir... Répond simplement le beau jeune homme dans un clin d'oeil, et il fait entrer Tatiana.... Dans l'endroit le plus fabuleux qu'elle n'est jamais vu. Une grande salle s'offre à elle, au centre trône une immense table. Derrière celle-ci se tient une cheminée, le chapeau d'Harry Potter cloué dessus. Aux murs sont accrochées des têtes d'animaux et le nom des maisons de Poudlard. Dans la cheminée grille un porc. De chaque mur partent des escaliers, des portes et des galeries. Tatiana s'approche d'une des portes, qui s'ouvre sur une gigantesque salle où sont situés des billards, des tapis de cartes, des canapés en velours, des chichas. Elle ressort à la fois choquée et heureuse d'être ici.
- Bienvenue au Clairdelune tonne Eugène, c'est ici que sont réunis tous les univers de personnages tels que J.K Rowling, Myiazaki, Junji Ito, Christelle Dabos, Pablo Picasso, Tim Burton... Cette salle en est le point central. De là partent des galeries qui elles-même donnent sur d'autres pièces. C'est une infinité de pièces plus extravagantes les unes que les autres !
Tatiana n'en revient, elle croit délirer. Ce lieux est fabuleux.
- Je vais te conduire à ta chambre
- A ma quoi ?
Sans se donner la peine de répondre, il l'invite à le suivre aux milieux de toutes ces pièces. Bientôt elle se retrouve dans un long couloir. Au milieu trône un vieil ascenseur datant du 19ème siècle. Eugène s'arrête devant l'une des portes.
- Ta chambre ! La 124, précise-t-il
Il la fait entrer dans une magnifique pièce dorée, ou sont campés un canapé, un lit, une salle d'eau... Il referme la porte derrière eux. La suite n'est pas dite dans cette histoire.
Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona inspiré par une photo de (c) Julien Ribot.
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