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samedi 19 août 2017

L'atelier de Ghislaine : Amitié.

La contrainte : Ecrire avec dans le texte minimum cinq mots en -oir et cinq mots en -our.


Le jour déclinait à peine. Les âmes vagabondes rejoignaient un oreiller qui accueillerait les rêves et espoirs de chacun le temps de quelques heures à peine. L'esprit embrumé par les éclairs de la douleur, je couchais sur le papier mes pensées mortuaires, qui ne seraient bientôt plus qu'une trainée de poussière dans l'univers composé de mille étoiles brillantes. Sans artifice, j'ai décliné ce que j'avais sur le coeur bien des fois, le cul collé sur cette chaise moelleuse, les coudes posés sur cette table laquée de bois et marquée de mes envies d'un soir. Non, de tous les soirs en fait. La vie est belle. Oui. Mais la vie est une chienne. Aussi. Elle offre des moments insensées, jours où le cerveau est empreint de l'ivresse d'un bonheur aussi soudain qu'intense. TU étais là. TU y a participé, à ce putain de bonheur, plus encore que tous les autres avec qui nous étions réunis, lors de ce voyage du bout du monde. Nos yeux se sont croisés la première fois, alors qu'un de mes gestes maladroits venait d'effleurer ton visage. Tu m'as souris lentement, comme une fleur qui s'ouvrirait. Sourd aux appels du reste du groupe, je t'ai fixé encore un petit moment, avant de me détourner, persuadé que quelque chose se cachait derrière ce regard bleuté. Quelques mots échangés, un ou deux rires, trois fois rien en apparence. Ca a suffit, visiblement. On s'est parlé, doucement d'abord, effleurant à peine la surface de deux complexités incarnées depuis toujours par notre deux êtres. On se tourne autour, se découvrant lentement des points  communs ancrés au fond de chacun. Aujourd'hui, contemplant les étoiles piquant le ciel couleur encre de leur éclats de lumière, je me dis que le destin nous a amener à nous rencontrer. Et je sais que, de là où tu te situe, en contemplant ce ciel, tu penses exactement la même chose. Les autres n'ont pas compris, je le crois, et ils ne comprendront jamais. Il penseront qu'on devrait sortir ensemble. Mais non. Je le sais. Tu le sais. Cela est plus profond. On se l'est dit souvent. Finalement, sans le vouloir peut-être, on s'est livré. On s'est confié sur nous, nos envies, nos secrets, nos faces cachées. On a creusé en chacun la croûte de la surface, pour apercevoir la lueur éclater de la vraie personne qui se cache en dedans. Ce n'est pas de l'amour. Une amitié profonde et certaine, pour sûr. On a parlé longuement, de nous, à la belle étoile, quelques heures sûrement, sans pouvoir s'arrêter. On a jeté le poids des mots par-dessus bord, réciproquement. On s'est remercié, on s'est fait un câlin. On a fait comme si ce n'était rien. Mais on le savait, qu'un lien terriblement fort s'était créé, et qu'il ne se distendrait jamais malgré le poids de la distance qui pèsera dessus. Il restera toujours en place. On se l'ai promis. Après le départ, j'étais triste, mais serein. On ne trahis pas quelque chose d'aussi fort, croisé au détour d'un séjour si incroyablement merveilleux. Et maintenant je suis là, seul, noyé dans des certitudes entourées de glace. On cristallisera ce fil. Si tu es d'accord. Evidemment.